Frais de recouvrement à la charge du débiteur depuis la loi du 23 avril 2026 : ce que ça change pour les créanciers

Jusqu’au 24 avril 2026, recouvrer une facture impayée coûtait de l’argent au créancier. Les honoraires du commissaire de justice, les frais de greffe, les frais de procédure — tout revenait à celui qui avait pourtant subi le préjudice. Ce déséquilibre dissuadait des milliers de PME d’agir, surtout pour des créances inférieures à quelques milliers d’euros.

La loi n°2026-307 du 23 avril 2026 renverse ce principe pour les créances commerciales incontestées entre commerçants : désormais, l’ensemble des frais de la procédure simplifiée sont légalement mis à la charge exclusive du débiteur. Pour le créancier, le coût théorique de la procédure est zéro euro

Ce changement est bien plus qu’un détail technique. Il modifie profondément l’équilibre économique du recouvrement et le comportement rationnel de tout dirigeant de PME face à un impayé. Ce guide vous explique exactement ce qui change, ce que vous pouvez récupérer, et comment en tirer parti.

Sommaire - Frais de recouvrement à la charge du débiteur depuis la loi du 23 avril 2026 : ce que ça change pour les créanciers

Frais de recouvrement à la charge du débiteur depuis la loi du 23 avril 2026 : ce que ça change pour les créanciers

1. Le principe légal : article L.126-3 CPCE expliqué

Le fondement juridique de ce changement tient en une seule phrase, inscrite à l’article L.126-3 du Code des procédures civiles d’exécution (CPCE), créé par la loi n°2026-307 :

📜 Article L.126-3 CPCE (extrait)

« Les frais occasionnés par la mise en œuvre de la procédure prévue au présent chapitre sont à la charge du débiteur. »

 

Cette formulation est absolue et sans nuance : « les frais » — au pluriel, sans restriction — sont tous à la charge du débiteur. Il n’y a pas d’exception, pas de partage, pas de condition particulière. Le législateur a voulu envoyer un signal clair : celui qui ne paie pas assume le coût de sa propre défaillance.

Ce principe est un renversement complet par rapport à l’ancienne procédure simplifiée de l’article L.125-1 CPCE (loi Macron 2015), où les frais étaient intégralement supportés par le créancier — ce qui en faisait une procédure économiquement peu attractive pour les petites créances.



2. Ce qui existait avant : pourquoi les frais dissuadaient d'agir

Pour comprendre l’ampleur du changement, il faut mesurer ce que coûtait réellement le recouvrement avant la loi 2026-307.

L’ancienne procédure simplifiée L.125-1 : un outil sous-utilisé

Instaurée par la loi Macron de 2015, la procédure de recouvrement des petites créances (art. L.125-1 CPCE) avait deux défauts rédhibitoires :

  • Plafond de 5 000 € : inutilisable pour la majorité des créances B2B courantes
  • Accord exprès du débiteur requis : le mauvais payeur pouvait bloquer la procédure en ne répondant pas
  • Frais à la charge du créancier : pour une créance de 1 500 €, les frais de commissaire pouvaient représenter 100 à 300 €, rendant la procédure peu rentable

 

L’injonction de payer : efficace mais coûteuse

La procédure la plus utilisée avant 2026 restait l’injonction de payer. Mais ses coûts s’accumulaient rapidement :

  • Honoraires d’huissier / commissaire pour la signification : 80 à 200 €
  • Frais de greffe pour le dépôt de la requête : 35 à 75 €
  • Honoraires d’avocat si le débiteur contestait et l’affaire passait au fond : 500 à 3 000 €
  • Délai moyen : 2 à 6 mois avant obtention du titre exécutoire

 

Résultat : pour une facture impayée de moins de 2 000 €, l’équation économique était souvent défavorable. De nombreuses PME abandonnaient purement et simplement leurs petites créances, ou acceptaient des remises importantes pour clore le dossier — en absorbant elles-mêmes la perte.

📊 Le coût réel de l’abandon de créances en France

•       56 milliards d’euros de factures impayées chaque année (Banque de France / FIGEC)

•       15 milliards d’euros de trésorerie bloquée dans les PME à cause des retards de paiement

•       Une part significative de ces créances abandonnées correspond à des petites factures pour lesquelles le coût de la procédure décourageait l’action



3. Ce qui change : le tableau comparatif Avant / Après

Poste de frais

AVANT — Procédure L.125-1 (< 5 000 €)

APRÈS — Procédure L.126-1 (loi 2026-307)

Honoraires du commissaire de justice

❌ À charge du CRÉANCIER

✅ À charge du DÉBITEUR

Frais du commandement de payer

❌ À charge du CRÉANCIER

✅ À charge du DÉBITEUR

Frais de greffe (formule exécutoire)

❌ À charge du CRÉANCIER

✅ À charge du DÉBITEUR

Indemnité forfaitaire de 40 €

✅ Récupérable (si CGV le prévoient)

✅ Récupérable de plein droit

Intérêts de retard légaux

✅ Récupérables

✅ Récupérables

Accord du débiteur requis pour lancer

❌ OUI — condition bloquante

✅ NON — silence suffit

Plafond de créance

❌ Limité à 5 000 €

✅ Aucun plafond (décret à venir)

Coût net pour le créancier

❌ Plusieurs centaines d’euros

✅ Théoriquement 0 €

 

Le tableau parle de lui-même : sur chaque poste de coût, la loi 2026-307 opère un transfert total de charge du créancier vers le débiteur. Combiné à la suppression de l’accord préalable du débiteur et du plafond de 5 000 €, ce changement rend la procédure structurellement plus attractive que tout ce qui existait avant.



4. Quels frais exactement sont à la charge du débiteur ?

L’article L.126-3 CPCE vise « les frais occasionnés par la mise en œuvre de la procédure ». En pratique, cela couvre :

 

① Les honoraires du commissaire de justice

C’est le poste principal. Le commissaire de justice est l’acteur central de la procédure : il rédige et signifie le commandement, surveille le délai, dresse le procès-verbal de non-contestation, et transmet au greffe.

Le montant exact sera fixé par le décret en Conseil d’État prévu par l’article L.126-6 CPCE — attendu à l’été 2026. À titre de référence, les actes de commissaire de justice sont tarifés réglementairement par le décret n°2016-230 du 26 février 2016. Pour des actes équivalents (commandement, signification), les tarifs se situent typiquement entre 80 et 350 € selon la nature et la complexité de l’acte.

 

② Les frais du commandement de payer

La rédaction et la signification du commandement constituent la prestation principale du commissaire. Ces frais sont inclus dans ses honoraires globaux et sont donc, comme ces derniers, intégralement à la charge du débiteur.

 

③ Les frais de greffe

Une fois le procès-verbal de non-contestation dressé, le commissaire le transmet au greffe du tribunal de commerce pour obtenir la formule exécutoire. Le greffier perçoit des frais réglementés pour cet acte — généralement quelques dizaines d’euros. Ces frais sont également à la charge du débiteur

 

④ Ce qui n’est PAS couvert par l’article L.126-3

L’article L.126-3 ne couvre que les frais « de la procédure ». Il existe des coûts connexes qui restent à votre charge en tant que créancier :

  • Les honoraires d’un avocat que vous choisiriez de mandater pour préparer votre dossier (non obligatoire pour la procédure simplifiée)
  • Les coûts internes de votre propre équipe pour rassembler les pièces du dossier
  • Les honoraires d’une agence de recouvrement comme DCN Recouvrement si vous déléguez la gestion globale de la créance (amiable + procédure)
  • Les frais d’exécution forcée postérieurs si le débiteur ne s’exécute pas après le titre : saisies bancaires, frais de saisie-vente, etc. — ces frais sont toutefois récupérables sur le débiteur via les mesures d’exécution

5. Ce que vous pouvez récupérer en plus du principal : calcul complet

Au-delà du transfert des frais de procédure, la loi vous permet de récupérer plusieurs postes en plus du principal de la créance. Voici le calcul complet sur un exemple concret.

 

Poste

À charge de

Montant (exemple)

Principal de la créance impayée

Débiteur

8 500,00 €

Intérêts de retard (taux BCE 2,40% + 10 pts = 12,40% / an, 90 jours)

Débiteur

+ 261,37 €

Indemnité forfaitaire légale

Débiteur

+ 40,00 €

Honoraires du commissaire de justice

Débiteur

+ tarif réglementé (décret à venir)

Frais du commandement de payer

Débiteur

Inclus dans les honoraires

Frais de greffe

Débiteur

+ ~30 à 60 € (tarif réglementé)

Coût total pour le CRÉANCIER

CRÉANCIER

⟶ 0 € (théorique)

Somme totale récupérable

Débiteur

≥ 8 801,37 € + frais commissaire

 

Comment calculer les intérêts de retard B2B

Le taux des intérêts de retard légaux entre professionnels est fixé par l’article L.441-10 du Code de commerce : il correspond au taux d’intérêt appliqué par la BCE à ses opérations de refinancement (taux refi), majoré de 10 points de pourcentage

📐 Formule de calcul des intérêts de retard B2B

Intérêts = Principal × (Taux BCE + 10%) × (Nombre de jours / 365)

Exemple au 24 juin 2026 — Taux BCE : 2,40% → Taux applicable : 12,40%

•       Créance de 8 500 € impayée depuis 90 jours : 8 500 × 12,40% × (90/365) = 261,37 €

•       Créance de 25 000 € impayée depuis 60 jours : 25 000 × 12,40% × (60/365) = 511,78 €

•       Créance de 1 200 € impayée depuis 45 jours : 1 200 × 12,40% × (45/365) = 18,33 €

⚠️ Le taux BCE est révisé deux fois par an (en général janvier et juillet). Vérifiez le taux en vigueur au moment de votre commandement.

 

L’indemnité forfaitaire de 40 € : un droit souvent oublié

L’article D.441-5 du Code de commerce prévoit que le créancier a droit à une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement dès le premier jour de retard. Ce droit est automatique : vous n’avez pas besoin de le mentionner dans vos CGV pour en bénéficier (bien que cela soit recommandé). Il s’applique par facture : si vous avez 10 factures impayées chez le même débiteur, vous avez droit à 10 × 40 € = 400 €.

Cette indemnité est souvent sous-utilisée par les PME. Dans la procédure simplifiée, elle est intégrée dans le commandement de payer et récupérée intégralement à la charge du débiteur



6. L'impact stratégique pour les PME créancières

Le changement de qui paie les frais n’est pas qu’une question comptable. Il modifie la logique de décision des dirigeants de PME face à un impayé.

 

Situation créancier

Comportement AVANT 2026

Comportement POSSIBLE après loi 2026-307

Facture de 800 € impayée

Abandon fréquent : frais de procédure > rentabilité

Procédure simplifiée sans avance de frais → action systématique rentable

Facture de 3 500 € impayée

Procédure L.125-1 possible mais frais à charge + accord débiteur requis

Procédure L.126-1 sans accord débiteur, frais à sa charge → taux de déclenchement x3

Portefeuille de 20 factures < 5 000 € chez un même débiteur

Coût de traitement prohibitif, négociation souvent abandonnée

Regroupement possible dans un seul commandement → traitement industrialisé

Grande entreprise vs PME fournisseur

PME cède sur les pénalités pour préserver la relation

La gratuité de la procédure réduit le coût du rapport de force

 

Le seuil de rentabilité de l’action en recouvrement s’effondre

Avant 2026, l’équation économique du recouvrement était simple : si le coût de la procédure approchait ou dépassait le montant à récupérer, l’action n’était pas rentable. Ce calcul forcait les PME à fixer un « seuil minimal d’action » (souvent autour de 500 à 1 000 €) en dessous duquel elles n’engageaient aucune procédure.

Avec la procédure simplifiée gratuite pour le créancier, ce seuil tombe à zéro. Même une facture de 150 € peut théoriquement faire l’objet d’une procédure simplifiée sans coût pour le créancier. En pratique, le temps administratif de constitution du dossier demeure un frein, mais l’obstacle financier disparaît.

 

L’effet dissuasif sur les mauvais payeurs systématiques

Cette réforme change aussi le rapport de force psychologique. Un débiteur qui « joue la montre » sachant que la procédure coûte cher au créancier perd son avantage. Désormais, déclencher la procédure ne coûte rien — et le débiteur sait que c’est lui qui paiera les frais si la procédure aboutit.

L’effet annoncé par le législateur est préventif autant que curatif : un débiteur informé de cette règle sera plus incité à régler rapidement pour éviter d’avoir à supporter les frais supplémentaires de la procédure.



7. Les limites et nuances à connaître

Limite 1 — Les frais restent avancés si le débiteur est insolvable

La règle « frais à la charge du débiteur » est une règle de droit, pas une garantie de paiement. Si votre débiteur est insolvable — comptes bancaires vides, pas de biens saisissables — vous obtenez certes un titre exécutoire gratuit, mais le recouvrement effectif des frais (comme du principal) peut être illusoire.

La procédure simplifiée est optimale pour des débiteurs solvables mais de mauvaise volonté — ceux qui pourraient payer mais préfèrent attendre. Pour les débiteurs réellement en difficulté financière, une négociation amiable d’échéancier reste souvent plus productive.

 

Limite 2 — Le tarif du commissaire est encore inconnu

À la date de rédaction (juin 2026), le décret fixant le tarif du commissaire de justice pour la procédure simplifiée n’a pas encore été publié (art. L.126-6 CPCE). Sans ce décret, la procédure n’est pas pleinement opérationnelle et le montant exact des frais récupérables reste indéterminé.

Ce décret devrait paraître dans les prochains mois. Dès sa publication, DCN Recouvrement mettra à jour cet article avec les montants exacts.

 

Limite 3 — La gratuité ne s’applique qu’à la procédure simplifiée

L’article L.126-3 CPCE s’applique uniquement à la procédure simplifiée (art. L.126-1 à L.126-6). Si la procédure échoue (contestation du débiteur) et que vous basculez sur une injonction de payer ou une assignation au fond, les frais redeviennent à votre charge dans un premier temps — même s’ils sont récupérables en cas de succès judiciaire.

 

Limite 4 — L’exécution forcée a un coût

Obtenir le titre exécutoire est gratuit. Mais l’exécution forcée — saisie-attribution, saisie-vente — engendre des frais supplémentaires du commissaire de justice pour chaque acte d’exécution. Ces frais sont en principe récupérables sur le débiteur (ils s’ajoutent à la créance), mais ils peuvent nécessiter une avance de votre part si le débiteur ne les règle pas spontanément.



8. Comment intégrer ce changement dans votre process de recouvrement

La loi 2026-307 ne change pas seulement les frais — elle doit vous amener à revoir votre process de recouvrement de bout en bout

Étape 1 — Revoir votre politique de seuil d’action

Si vous aviez fixé un seuil minimum (ex. : « on n’agit que pour les factures > 1 500 € »), il est temps de le reconsidérer. Avec une procédure potentiellement gratuite, la logique économique de l’abandon de petites créances est remise en question.

Attention toutefois : le coût en temps interne (constitution du dossier, suivi) reste réel. Si votre équipe passe 2 heures sur une facture de 300 €, le ROI peut rester négatif même sans frais de procédure. La solution est d’externaliser la gestion à une agence spécialisée comme DCN Recouvrement.

 

Étape 2 — Informer vos débiteurs de ce changement

La connaissance de cette règle par vos débiteurs a elle-même un effet dissuasif. Vous pouvez désormais mentionner dans vos relances que la procédure simplifiée est gratuite pour vous et que l’ensemble des frais de procédure sont légalement mis à leur charge. Cette information modifie souvent le comportement du débiteur avant même le déclenchement de la procédure.

 

Étape 3 — Intégrer la procédure simplifiée dans votre séquence de relances

La séquence optimale après la loi 2026-307 pour une créance B2B incontestée :

  1. J+1 à J+30 : relances amiables (email, téléphone, courrier simple)
  2. J+30 à J+45 : mise en demeure par lettre recommandée avec AR
  3. J+45 à J+60 : si absence de réponse → déclenchement procédure simplifiée via commissaire de justice
  4. J+60 à J+90 (délai 1 mois + PV) → titre exécutoire obtenu
  5. Dès J+90 : saisies bancaires ou mobilières si le débiteur ne paie toujours pas

 

Étape 4 — Vérifier et enrichir votre documentation contractuelle

Pour que la procédure simplifiée soit efficace, votre documentation doit être irréprochable dès la signature du contrat :

  • CGV incluant la clause de pénalités de retard (taux BCE + 10 pts) et l’indemnité forfaitaire de 40 €
  • Bon de commande signé ou acceptation écrite par email avec la date et le montant
  • Bon de livraison ou compte-rendu de prestation signé ou confirmé par le client
  • Facture conforme avec date d’échéance explicite, mentions légales, RIB

Ces éléments constituent le dossier que vous transmettrez au commissaire de justice. Plus ils sont solides, plus la procédure est rapide et inattaquable.



9. FAQ — Questions fréquentes sur les frais

Le créancier ne paie vraiment rien du tout dans la procédure simplifiée ?

En théorie, oui : l’article L.126-3 CPCE met l’intégralité des frais à la charge du débiteur. En pratique, certains commissaires peuvent demander une provision initiale avant d’instrumenter la procédure, provision qui est remboursée lorsque les frais sont recouvrés sur le débiteur. Ce point sera précisé par le décret d’application. Renseignez-vous auprès de votre commissaire de justice.

Que se passe-t-il si le débiteur n’a pas les moyens de payer les frais ?

L’obligation légale est celle du débiteur. Mais si le débiteur est insolvable, les frais — comme le principal — ne seront pas récupérés en pratique. C’est pourquoi il est important d’évaluer la solvabilité du débiteur avant d’engager toute procédure, même gratuite. Un certificat d’irrécouvrabilité peut être utile dans ce cas pour provisionner la créance en comptabilité.

L’indemnité forfaitaire de 40 € est-elle automatique ou doit-elle figurer dans les CGV ?

L’indemnité forfaitaire de 40 € est un droit légal automatique prévu par l’article D.441-5 du Code de commerce : vous n’avez pas besoin de le prévoir dans vos CGV pour en bénéficier. Cependant, il est recommandé de le mentionner dans vos CGV et sur vos factures pour informer votre client et éviter toute contestation sur ce point lors de la procédure.

Les frais de recouvrement sont-ils déductibles fiscalement pour le créancier ?

Les frais engagés dans le cadre du recouvrement de créances (honoraires d’avocat, de commissaire de justice, d’agence de recouvrement) sont en principe déductibles du résultat imposable en tant que charges d’exploitation, sous réserve qu’ils soient engagés dans l’intérêt de l’entreprise et correctement justifiés. Consultez votre expert-comptable pour l’imputation exacte.

Les frais sont-ils aussi à la charge du débiteur dans une injonction de payer classique ?

Partiellement. Dans une injonction de payer, les frais de procédure sont avancés par le créancier mais peuvent être récupérés sur le débiteur si la procédure aboutit à un titre exécutoire. La différence clé avec la procédure simplifiée est que dans l’injonction de payer, le créancier avance les frais et les récupère ensuite (si le débiteur paie), alors que dans la procédure simplifiée, les frais sont directement mis à la charge du débiteur dès le départ — zéro avance de trésorerie pour le créancier.

Cette règle s’applique-t-elle si on passe par une agence de recouvrement ?

Les honoraires d’une agence de recouvrement comme DCN Recouvrement relèvent d’un contrat de prestation distinct de la procédure simplifiée elle-même. Les frais de la procédure (commissaire + greffe) sont à la charge du débiteur selon la loi. Les honoraires de l’agence font l’objet d’un accord séparé avec le créancier — généralement sous forme de commission au succès ou de forfait. Ces deux éléments sont indépendants.

 

En résumé — Ce que retenir en 3 points

  1. Les frais de la procédure simplifiée sont intégralement à la charge du débiteur (art. L.126-3 CPCE). Pour le créancier : coût théorique de zéro euro.
  2. Vous récupérez plus que le principal : intérêts de retard au taux BCE + 10 pts, indemnité forfaitaire de 40 € par facture, et frais de procédure.
  3. Ce changement doit faire baisser votre seuil minimum d’action : des créances que vous abandonniez faute de rentabilité méritent désormais d’être recouvrées.

 

La procédure reste conditionnée à la publication du décret d’application et à la solvabilité réelle du débiteur. Mais structurellement, la loi 2026-307 est la première réforme depuis des décennies qui change véritablement l’équilibre économique en faveur des créanciers PME.

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