Loi 2026-307 : quelles créances commerciales sont éligibles à la nouvelle procédure simplifiée ?

La procédure simplifiée de recouvrement des créances commerciales incontestées (loi n°2026-307 du 23 avril 2026) ne s’applique pas à toutes les factures impayées. Elle est soumise à des conditions cumulatives strictes : nature de la créance, qualité des parties, caractère incontesté, montant déterminé, échéance dépassée.

Avant de déclencher cette procédure — et d’investir du temps dans la constitution d’un dossier —, la question à se poser est : « ma créance remplit-elle exactement tous les critères légaux ? » Un seul critère manquant suffit à disqualifier la procédure et à vous faire perdre plusieurs semaines.

Ce guide vous donne les réponses précises, cas par cas, avec un tableau d’éligibilité complet et une checklist opérationnelle.

Sommaire - Loi 2026-307 : quelles créances commerciales sont éligibles à la nouvelle procédure simplifiée ?

Loi 2026-307 : quelles créances commerciales sont éligibles à la nouvelle procédure simplifiée ?

1. Les 4 critères cumulatifs d'éligibilité (texte de loi)

L’article L.126-1 du Code des procédures civiles d’exécution (CPCE), créé par la loi du 23 avril 2026, pose la règle de manière très précise :

📜 Article L.126-1 CPCE (extrait)

« Pour le recouvrement d’une créance ayant fait l’objet d’une facturation entre commerçants, une procédure simplifiée peut être mise en œuvre par un commissaire de justice, à la demande du créancier, lorsque cette créance est certaine, liquide et exigible. »

 

Quatre conditions se dégagent de ce texte, toutes cumulatives — c’est-à-dire que l’absence d’une seule d’entre elles disqualifie l’ensemble de la procédure :

 

#

Critère

Définition légale

Test pratique

Entre commerçants

La créance doit résulter d’une facturation entre deux commerçants au sens du droit commercial (art. L.121-1 C.com.). Sont exclus : professions libérales, associations non commerçantes, personnes publiques, particuliers.

Les deux parties sont-elles immatriculées au RCS avec une activité commerciale ?

Certaine

La créance ne doit avoir fait l’objet d’aucune contestation, ni sur son principe (existence de la dette) ni sur son montant, avant ou pendant la procédure (art. L.126-1 CPCE).

Avez-vous reçu un email, courrier ou appel contestant même partiellement la facture ?

Liquide

Le montant exact est déterminé ou déterminable sans expertise ni évaluation : il figure précisément sur la facture ou est calculable selon une formule contractuelle (art. L.126-1 CPCE).

Le montant total est-il clairement inscrit sur la facture, sans ambiguïté ?

Exigible

L’échéance de paiement est dépassée. Aucun délai contractuel, légal ou judiciaire ne court encore en faveur du débiteur (art. L.126-1 CPCE).

La date d’échéance figurant sur la facture est-elle dépassée à ce jour ?

 

2. Critère 1 — La facturation doit être entre commerçants : qui est concerné ?

C’est le critère le plus discriminant. La procédure simplifiée est réservée aux créances résultant d’une facturation entre commerçants. Elle exclut donc toutes les relations impliquant un non-commerçant, qu’il s’agisse du créancier ou du débiteur.

Qui est commerçant au sens de la loi ?

Le droit français définit le commerçant à l’article L.121-1 du Code de commerce : « Sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. » En pratique, les entités suivantes sont considérées comme commerçantes :

  • Les sociétés commerciales : SARL, SAS, SA, SASU, EURL, SNC, commandite simple ou par actions
  • Les commerçants personnes physiques inscrits au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) pour une activité commerciale (achat-revente, négoce, artisanat commercial)
  • Les auto-entrepreneurs / micro-entrepreneurs exerçant une activité commerciale (achat-revente, activité artisanale commerciale) — à vérifier selon la nature de l’activité déclarée
  • Les établissements publics industriels et commerciaux (EPIC) pour leurs activités commerciales

 

Qui n’est PAS commerçant — et donc exclu de la procédure ?

  • Les professions libérales réglementées : avocats, médecins, experts-comptables, notaires, architectes, kinésithérapeutes, vétérinaires, etc. — même organisées en société (SEL, SCP)
  • Les associations loi 1901, sauf exercice habituel d’activités commerciales très spécifiques
  • Les particuliers consommateurs, même s’ils dirigent une entreprise par ailleurs
  • Les personnes morales de droit public : communes, EPCI, départements, régions, État, hôpitaux publics
  • Les sociétés civiles : SCI (sauf exceptions), sociétés civiles professionnelles (SCP)

 

💡 Le cas des auto-entrepreneurs : attention à la nature de l’activité

Un auto-entrepreneur n’est pas automatiquement commerçant. Tout dépend de la nature de l’activité déclarée :

•       Activité commerciale (achat-revente, restauration, artisanat commercial) → commerçant → procédure éligible

•       Activité de prestation intellectuelle (consultant, graphiste, développeur web, formateur) → non commerçant selon les tribunaux → procédure non éligible en principe

En cas de doute, vérifiez l’activité principale déclarée au RCS ou à l’URSSAF et consultez un commissaire de justice.



3. Critère 2 — La créance doit être certaine : qu'est-ce que ça signifie concrètement ?

Une créance est certaine lorsqu’elle ne fait l’objet d’aucune contestation sérieuse — ni sur son principe (la dette existe-t-elle ?), ni sur son montant (combien est dû ?), ni sur sa cause (quelle prestation est concernée ?).

Ce qui caractérise une créance certaine

  • La facture a été émise et aucune contestation n’a été formulée par écrit par le débiteur
  • Le débiteur n’a émis aucune réserve lors de la réception de la prestation (livraison, exécution du service)
  • Il n’existe aucun litige en cours entre les parties sur ce contrat ou cette commande
  • Le débiteur n’a pas retourné la marchandise ou refusé la prestation pour motif de non-conformité

 

Ce qui disqualifie le critère de certitude — exemples concrets

La certitude de la créance est détruite par n’importe quelle contestation, même mineure, même orale mentionnée ultérieurement par écrit. Voici des situations réelles qui disqualifient la procédure :

  • Un email du débiteur mentionnant : « Il y a un problème sur votre facture » ou « Je conteste ce montant »
  • Une lettre de réserves à la réception de marchandises non-conformes
  • Un message signalant une malfaçon, un retard, une prestation incomplète liée à la facture
  • Un renvoi de facture avec la mention « retournée – non acceptée »
  • Un litige porté devant un tribunal avant la procédure simplifiée

 

⚠️ La règle d’or : vérifiez vos archives avant tout

Avant de déclencher la procédure simplifiée, relisez systématiquement tous les échanges avec le débiteur concernant la facture en question : emails, SMS, courriers, messages LinkedIn, notes de réunion. Un seul message de contestation — même sans réponse de votre part — détruit le critère de certitude et rend la procédure impossible.

Si vous identifiez une contestation passée mais estimez qu’elle n’était pas sérieuse, préférez l’injonction de payer classique : le juge appréciera la valeur de la contestation et vous donnera tort ou raison.

4. Critère 3 — La créance doit être liquide : le montant doit être précisément déterminé

Une créance est liquide lorsque son montant est précisément déterminé ou déterminable — c’est-à-dire qu’il est chiffré exactement sur la facture sans nécessiter aucune évaluation, expertise ou calcul complexe extérieur à la facture elle-même.

Créances liquides — exemples

  • Facture à échéance fixe avec montant HT + TVA clairement indiqués → liquide
  • Facture de loyer mensuel fixe inscrit dans le bail → liquide
  • Solde de facture après acompte déduit, solde clairement indiqué → liquide
  • Facture calculée sur un taux journalier × nombre de jours stipulés dans le contrat → liquide (déterminable selon une formule contractuelle)

 

Créances non liquides — exemples

  • Facture contestée partiellement : le montant « réel dû » est en discussion → non liquide
  • Réclamation de dommages et intérêts pour retard de livraison → non liquide (nécessite une évaluation)
  • Loyers en cours avec charges récupérables non encore calculées → à vérifier
  • Facturation au résultat ou à la commission dont le calcul est disputé → non liquide

 

En pratique, si le montant exact figure noir sur blanc sur la facture, la créance est liquide. Si vous devez calculer, estimer ou prouver un montant différent de celui indiqué sur la facture, elle ne l’est pas.

5. Critère 4 — La créance doit être exigible : l'échéance doit être dépassée

Une créance est exigible lorsque la date de paiement est arrivée à terme et que le créancier peut légitimement en demander le paiement immédiat. Aucun délai contractuel, légal ou judiciaire ne doit encore courir en faveur du débiteur.

Créances exigibles

  • Facture à 30 jours dont l’échéance est dépassée depuis 5 jours → exigible
  • Facture comptant non réglée le jour de la prestation → immédiatement exigible
  • Loyer du 1er du mois non payé au 5 → exigible selon les termes du bail

 

Créances non encore exigibles ou dont l’exigibilité est suspendue

  • Facture dont l’échéance n’est pas encore atteinte → pas exigible — il faut attendre
  • Créance sous délai de grâce accordé par le juge → exigibilité suspendue
  • Créance faisant l’objet d’un moratoire légal (ex : suspension COVID-19 en son temps) → exigibilité suspendue
  • Débiteur en procédure collective ouverte : l’arrêt des poursuites s’applique → procédure simplifiée impossible

 

📅 Délais de paiement légaux B2B (rappel)

En droit commercial français (art. L.441-10 Code de commerce), le délai de paiement entre professionnels est de 30 jours à compter de la date de réception des marchandises ou d’exécution de la prestation, sauf accord contractuel différent dans la limite de 60 jours. Vos CGV peuvent fixer un délai différent dans ces limites légales.

Un délai de 60 jours nets ou 45 jours fin de mois peut être stipulé dans vos conditions générales de vente. C’est cette date contractuelle — et non la date d’émission de la facture — qui détermine l’exigibilité.

 



6. Tableau complet : créances éligibles, exclues et cas limites

Ce tableau récapitulatif couvre les situations les plus fréquentes rencontrées dans la pratique du recouvrement B2B.

 

Type de créance / situation

Éligible ?

Explication

Facture de prestation de services entre deux SARL

✅ Oui

Deux commerçants, créance certaine résultant d’une facturation

Impayé sur livraison de marchandises B2B (SAS → EURL)

✅ Oui

Relation commerciale entre commerçants, créance liquide sur facture

Facture de sous-traitance BTP non réglée (SARL → SA)

✅ Oui

Les deux parties sont commerçantes, montant certain sur devis accepté

Loyers commerciaux impayés (bailleur commerçant → locataire commerçant)

✅ Oui

Créance certaine, liquide, exigible entre commerçants si les deux ont statut commercial

Solde de facture d’honoraires de consultant (SAS unipersonnelle commerçante)

✅ Oui

SAS = commerçant de droit ; montant déterminé sur la facture finale

Auto-entrepreneur commerçant (achat-revente) envers une SARL

✅ Oui

Micro-entrepreneur avec activité commerciale = commerçant

Facture d’honoraires d’avocat ou d’expert-comptable

❌ Non

Professions libérales réglementées = non commerçants

Loyer impayé par un particulier locataire

❌ Non

Consommateur = non commerçant ; relève d’autres procédures

Impayé d’une association loi 1901

❌ Non

Association = non commerçante sauf exception très spécifique

Créance sur une commune ou un EPCI

❌ Non

Personnes morales de droit public explicitement exclues

Facture contestée par le client (email de litige reçu)

❌ Non

Créance contestée = condition d’incontestabilité non remplie

Impayé d’un médecin, kinésithérapeute, architecte

❌ Non

Professions libérales non commerçantes selon le droit français

Agent commercial (statut mixte selon activité)

⚠️ À vérifier

Dépend de son immatriculation au RCS et de la nature de l’activité

Auto-entrepreneur avec activité de prestation intellectuelle

⚠️ À vérifier

Micro-entrepreneur en prestation de services ≠ forcément commerçant : vérifier la nature de l’activité au RCS

SCI détenant un local commercial loué à une société

⚠️ À vérifier

La SCI est civile et non commerçante en principe ; la procédure simplifiée ne s’applique que si les deux parties sont commerçantes

 

7. Les exclusions explicites de la loi

Au-delà des 4 critères d’éligibilité, la loi 2026-307 a expressément modifié l’article L.125-1 CPCE (ancienne procédure des petites créances) pour en exclure les créances entre commerçants. Les deux procédures ne se superposent donc plus. Voici la cartographie complète des exclusions :

 

Situation exclue

Pourquoi exclue

Alternative recommandée

Créance contre un consommateur particulier

Non-commerçant ; hors champ de la loi

Injonction de payer (art. 1405 CPC) ou procédure L.125-1

Créance contre une profession libérale

Non-commerçant selon le droit français

Injonction de payer classique

Créance contre une association loi 1901

Non-commerçante en principe

Injonction de payer ; mise en demeure + assignation

Créance contre une personne publique (mairie, hôpital…)

Exclusion explicite de la loi

Procédure de référé-provision devant le TA ou la CCI

Créance contestée, même partiellement

Critère de certitude non rempli

Injonction de payer ; le juge tranche le litige

Créance dont le montant est disputé

Critère de liquidité non rempli

Assignation au fond ; expertise judiciaire si nécessaire

Débiteur en procédure collective

Arrêt des poursuites individuelles (L.622-21 C.com.)

Déclaration de créance au mandataire judiciaire

Créance dont l’échéance n’est pas atteinte

Critère d’exigibilité non rempli

Attendre l’échéance ; envoyer une relance préventive

 



8. Checklist : vérifiez l'éligibilité de votre créance en 8 points

Avant de contacter un commissaire de justice, parcourez cette checklist. 8 cases à cocher = créance éligible et dossier prêt.

 

 

Vérification à effectuer

Résultat attendu

Mon débiteur est une société immatriculée au RCS (SARL, SAS, SA, EURL, EI commerçant…)

✅ Oui → éligible  |  ❌ Non → autre procédure

Ma créance est issue d’une facture entre professionnels (pas d’un contrat de bail civil ou d’une relation avec un consommateur)

✅ Oui → éligible  |  ❌ Non → autre procédure

Je n’ai reçu aucune contestation écrite de la créance (email, courrier, message)

✅ Aucune contestation → critère rempli

Le montant exact figure sur la facture — pas d’estimation, pas de devis ouvert

✅ Montant précis → critère rempli

La date d’échéance figurant sur la facture est dépassée

✅ Échéance dépassée → critère rempli

Mon débiteur n’est pas en redressement ou liquidation judiciaire

✅ Pas de procédure collective → éligible

Le décret d’application de la loi 2026-307 a été publié au Journal officiel

✅ Décret paru → procédure opérationnelle

J’ai rassemblé : facture + bon de commande/contrat + preuve d’exécution

✅ Dossier complet → prêt à saisir le commissaire

 

✅ Résultat : comment interpréter votre checklist

•       8/8 cases cochées → votre créance est éligible à la procédure simplifiée. Constituez votre dossier et contactez un commissaire de justice.

•       7/8 cases cochées (sauf décret) → créance éligible, mais attendez la publication du décret d’application pour déclencher la procédure.

•       Critères ①②③④ non cochés → votre créance n’est pas éligible. Tournez-vous vers une injonction de payer classique ou une procédure amiable renforcée.

•       Incertitude sur la qualité commerçante du débiteur → vérifiez l’extrait Kbis et consultez DCN Recouvrement pour une analyse gratuite de votre dossier.

 

9. FAQ — Questions fréquentes sur l'éligibilité

Une créance entre une SAS et un auto-entrepreneur prestataire de services est-elle éligible ?

Cela dépend du statut de l’auto-entrepreneur. Si son activité est commerciale (achat-revente, restauration, artisanat à caractère commercial), il est commerçant et la procédure est éligible. S’il exerce une activité de prestation intellectuelle (consultant, développeur, formateur, graphiste), les tribunaux le qualifient généralement de non-commerçant — la procédure simplifiée ne s’applique alors pas. Vérifiez le code NAF et la nature de l’activité au registre.

Mon débiteur a contesté oralement la facture lors d’un appel téléphonique. Est-ce que ça détruit le critère de certitude ?

Une contestation purement orale, sans trace écrite, est difficile à prouver. Juridiquement, le critère de certitude s’apprécie au moment de la procédure. Si le débiteur n’a formulé aucune contestation par écrit et qu’il ne conteste pas le commandement de payer, la procédure peut aller à son terme. Cependant, si le débiteur conteste lors de la réception du commandement en invoquant cette contestation orale, la procédure s’arrête. Recommandation : n’engagez la procédure simplifiée que si vous êtes certain de l’absence de litige sérieux.

Peut-on cumuler plusieurs factures impayées du même débiteur dans une seule procédure ?

Oui, à condition que chaque facture remplisse individuellement les quatre critères. Vous pouvez regrouper plusieurs créances certaines, liquides et exigibles du même débiteur commerçant dans un seul commandement de payer. Le commissaire de justice détaille chaque créance dans l’acte. C’est une bonne pratique qui réduit les coûts et simplifie la gestion.

La procédure simplifiée peut-elle s’appliquer à une créance résultant d’un bon de commande sans facture émise ?

Non. L’article L.126-1 CPCE exige explicitement que la créance ait fait l’objet d’une facturation. Un bon de commande accepté mais non encore facturé ne suffit pas. Vous devez émettre la facture avant d’engager la procédure — ce qui suppose que la prestation soit réalisée ou la livraison effectuée.

Mon débiteur est en redressement judiciaire depuis 2 semaines : puis-je quand même déclencher la procédure simplifiée ?

Non. L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire entraîne automatiquement l’arrêt des poursuites individuelles (art. L.622-21 Code de commerce). Vous ne pouvez ni déclencher la procédure simplifiée, ni une injonction de payer, ni une saisie. Votre seul recours est de déclarer votre créance au mandataire judiciaire dans un délai de 2 mois à compter du jugement d’ouverture (délai porté à 4 mois pour les créanciers établis à l’étranger).

La facture doit-elle obligatoirement mentionner des pénalités de retard pour être éligible ?

Non. La mention des pénalités de retard sur la facture n’est pas une condition d’éligibilité à la procédure simplifiée. Cependant, elles constituent un élément récupérable : même si elles ne figurent pas sur la facture originale, vous pouvez les inclure dans le commandement de payer sur la base du taux légal B2B (BCE + 10 points) si vos CGV le prévoient. L’indemnité forfaitaire de 40 € par facture est due de plein droit sans mention préalable (art. D.441-5 Code de commerce).

En résumé — les 4 questions à vous poser

Avant tout déclenchement de la procédure simplifiée, posez-vous ces quatre questions dans l’ordre :

  1. Les deux parties sont-elles commerçantes ? (immatriculation RCS, activité commerciale)
  2. La créance est-elle certaine ? (aucune contestation écrite reçue)
  3. Le montant est-il précisément chiffré sur la facture ? (créance liquide)
  4. L’échéance est-elle dépassée ? (créance exigible)

 

Si vous répondez oui aux quatre, votre créance est éligible. Constituez votre dossier (facture + contrat + preuve d’exécution + relances), attendez la publication du décret d’application, et saisissez un commissaire de justice.

Si un seul critère fait défaut, l’injonction de payer classique reste la procédure de référence pour obtenir un titre exécutoire face à un débiteur récalcitrant.

 

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