Peut-on facturer des frais de recouvrement à son débiteur ?

La réponse en 30 secondes

Oui — et c’est même prévu par la loi. En B2B, dès qu’une facture est en retard, votre débiteur vous doit automatiquement 40 € d’indemnité forfaitaire par facture (art. D441-5 Code de commerce), en plus des pénalités de retard. Si vos frais réels sont supérieurs (honoraires d’agence de recouvrement, avocat…), vous pouvez réclamer une indemnité complémentaire sur justificatifs. Et en cas de procédure judiciaire, les dépens et les frais d’avocat (via l’article 700 CPC) peuvent également être mis à la charge du débiteur.

Vous avez engagé une société de recouvrement, payé un commissaire de justice, voire mandaté un avocat pour récupérer votre facture impayée. Ces frais sont-ils récupérables sur votre débiteur ? La réponse est oui dans de nombreux cas — mais le régime juridique est complexe, avec des règles différentes selon la qualité du débiteur (professionnel ou consommateur), la phase de recouvrement (amiable ou judiciaire), et les justificatifs que vous pouvez produire.

Sommaire - Peut-on facturer des frais de recouvrement à son débiteur ?

Peut-on facturer des frais de recouvrement à son débiteur ?

1. Les 4 voies légales pour faire supporter vos frais au débiteur

En droit français, quatre mécanismes permettent de mettre tout ou partie des frais de recouvrement à la charge de votre débiteur. Ils sont cumulables et ne s’excluent pas mutuellement.

 

Mécanisme

Montant

Phase

Conditions

Indemnité forfaitaire 40 € (art. D441-5 Code com.)

40 € / facture

Amiable ou judiciaire — dès retard

B2B uniquement / mention obligatoire CGV et facture / automatique sans mise en demeure

Indemnité complémentaire (art. L441-10, II)

Réel sur justificatifs

Amiable ou judiciaire

B2B uniquement / frais réels > 40 € / justificatifs obligatoires (factures prestataire)

Dépens (art. 695-696 CPC)

Tarifés (greffe, CDJ…)

Judiciaire uniquement

Mis à la charge du perdant / liste limitative de l’art. 695 CPC / de droit si condamné

Article 700 CPC (frais irrépétibles)

Libre appréciation du juge — 500 à 3 000 € en moyenne

Judiciaire uniquement

Demande expresse et justificatifs requis / pouvoir discrétionnaire du juge / équité + capacité financière

 

Un exemple concret : facture de 5 000 € en retard de 45 jours, avec recours à DCN Recouvrement

Pénalités de retard : 5 000 € × 12,15 % ÷ 365 × 45 = 74,88 €

Indemnité forfaitaire : 40 € par facture (automatique)

Indemnité complémentaire : honoraires DCN Recouvrement sur justificatifs — récupérables si > 40 €

Total minimum récupérable dès le retard : 74,88 € + 40 € = 114,88 € — sans aucune démarche judiciaire

2. L'indemnité forfaitaire de 40 € : le mécanisme automatique

Instaurée par la loi n°2012-387 du 22 mars 2012 et codifiée à l’article D441-5 du Code de commerce, l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est le mécanisme de base. Elle s’applique automatiquement dans toutes les relations entre professionnels (B2B).

Caractéristiques clés

  • 40 € par facture en retard — et non par jour. Le montant est fixe quelle que soit la durée du retard.
  • Automatique dès le lendemain de l’échéance — sans relance, sans mise en demeure préalable. Elle est due de plein droit.
  • Non soumise à TVA — l’indemnité est exclue du champ de la TVA.
  • Par facture — si votre débiteur vous doit 10 factures impayées, vous pouvez réclamer 10 × 40 € = 400 €.
  • Même en cas de paiement partiel — l’indemnité est due dès lors qu’une facture n’a pas été intégralement réglée à l’échéance.
  • Non déductible des pénalités — les 40 € n’entrent pas dans l’assiette de calcul des pénalités de retard.

 

CJUE — Arrêt du 4 mai 2023 : deux précisions importantes

La Cour de justice de l’Union européenne a apporté deux clarifications dans son arrêt du 4 mai 2023 :

  • L’indemnité de 40 € est due pour chaque retard de paiement, même lorsqu’il s’agit d’un seul contrat prévoyant des paiements périodiques (ex : un abonnement mensuel).
  • Il est impossible pour un État membre de supprimer cette indemnité, même lorsque le retard de paiement porte sur de faibles montants.

 

⚠ Une mention obligatoire sur vos CGV ET vos factures — sanction : jusqu’à 75 000 €

L’indemnité forfaitaire de 40 € doit obligatoirement être mentionnée :

• Sur la facture (art. L441-9 Code de commerce) — mention des conditions de règlement incluant l’indemnité

• Dans les conditions générales de vente (art. L441-10 Code de commerce)

Le défaut de mention sur la facture est sanctionné d’une amende pouvant aller jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 350 000 € pour une personne morale. Ne négligez pas cette mention.

 

La mention recommandée à insérer dans vos CGV et factures

Clause à copier-coller — CGV et factures

« En cas de retard de paiement, des pénalités de retard calculées au taux annuel de 12,15 % (taux de refinancement de la BCE majoré de 10 points — art. L441-10 du Code de commerce) seront exigibles de plein droit, dès le lendemain de la date d’échéance, sans mise en demeure préalable. Une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € (art. D441-5 du Code de commerce) sera également due par facture en retard. Lorsque les frais de recouvrement exposés excèdent ce montant, une indemnité complémentaire pourra être réclamée sur justificatifs. »



3. L'indemnité complémentaire : quand 40 € ne suffit pas

L’article L441-10, II du Code de commerce prévoit que lorsque les frais de recouvrement réellement engagés dépassent le forfait de 40 €, le créancier peut réclamer une indemnité complémentaire sur justificatifs. C’est le mécanisme qui permet de récupérer les honoraires d’une agence de recouvrement, les frais d’un commissaire de justice pour une mise en demeure officielle, ou les frais d’un avocat.

Conditions d’application

  • Frais réels > 40 € : la condition de base. Si vos frais sont inférieurs au forfait, pas d’indemnité complémentaire possible.
  • Justificatifs obligatoires : vous devez pouvoir produire les factures ou notes d’honoraires du prestataire (agence de recouvrement, commissaire de justice, avocat). Pas de justificatifs = pas d’indemnité complémentaire.
  • B2B uniquement : comme pour le forfait de 40 €, cette indemnité ne s’applique pas dans les relations avec des consommateurs particuliers.
  • Pas de plafond légal : la loi ne fixe pas de montant maximum. Mais le juge appréciera la proportionnalité des frais engagés par rapport à la créance.

Quels frais sont récupérables ?

  • Honoraires d’une agence de recouvrement (comme DCN Recouvrement) — sur présentation de la facture.
  • Frais de commissaire de justice pour mise en demeure, PV de recherches, tentatives de signification.
  • Honoraires d’avocat engagés pour la phase amiable (lettre de mise en demeure formelle…).
  • Frais d’envoi — courrier recommandé, LRE avec AR.
  • Frais de traduction pour les créances internationales.

En pratique, peu de créanciers réclament systématiquement cette indemnité complémentaire, faute d’en connaître l’existence. C’est pourtant une dépense récupérable — à condition d’avoir conservé les justificatifs.

4. Les dépens : les frais de procédure à la charge du perdant

En cas de procédure judiciaire (injonction de payer, référé-provision, assignation au fond), les dépens sont les frais strictement nécessaires à la procédure, mis à la charge du perdant (art. 696 du Code de procédure civile). Ils comprennent notamment :

  • Frais de greffe : environ 33 à 50 € pour une requête en injonction de payer.
  • Droits de plaidoirie : émoluments tarifés des avocats devant certaines juridictions.
  • Émoluments du commissaire de justice : frais de signification de l’injonction de payer au débiteur (environ 80 à 150 €), frais de saisie-attribution (tarifés).
  • Frais d’expertise judiciaire si une expertise a été ordonnée.
  • Frais de notification à l’étranger.

Les dépens sont mis de droit à la charge du débiteur condamné, mais uniquement dans le cadre d’une procédure judiciaire. Pour la phase amiable, ils ne s’appliquent pas.

5. L'article 700 CPC : faire rembourser ses honoraires d'avocat

L’article 700 du Code de procédure civile permet au juge de condamner la partie perdante à verser à la partie gagnante une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens — essentiellement les honoraires d’avocat. Ces frais sont parfois appelés « frais irrépétibles ».

Fonctionnement

L’article 700 ne s’applique pas de plein droit : vous devez en faire la demande expresse dans vos écritures (conclusions), avec un montant chiffré et des justificatifs (factures d’honoraires). Le juge apprécie souverainement le montant alloué, en tenant compte :

  • De l’équité — les frais engagés semblent-ils raisonnables ?
  • De la complexité du dossier — un litige simple justifie moins de frais.
  • De la situation économique de la partie condamnée — si le débiteur est insolvable, le juge peut réduire ou refuser.
  • De la proportionnalité — le montant demandé doit être cohérent avec l’enjeu du litige.

Montants habituellement accordés

En pratique, les sommes allouées au titre de l’article 700 oscillent entre 500 € et 3 000 € dans la plupart des litiges commerciaux classiques. Pour des litiges plus complexes (plusieurs audiences, appel, expertises), des montants plus élevés sont accordés. Ces sommes sont rarement égales aux honoraires réellement engagés — c’est le principal reproche fait au système actuel.

Frais irrépétibles en procédure sans avocat

Même si vous n’êtes pas représenté par un avocat (cas fréquent pour une injonction de payer), vous pouvez demander le remboursement de vos frais au titre de l’article 700 — par exemple les frais de déplacement, les heures passées sur le dossier, les frais d’enquête… à condition d’en justifier l’existence et le montant.



6. B2B vs B2C : des règles radicalement différentes

La question « peut-on facturer des frais de recouvrement ? » n’a pas la même réponse selon que votre débiteur est un professionnel ou un particulier consommateur.

 

Mécanisme

Client PROFESSIONNEL (B2B)

Client PARTICULIER (B2C)

Pénalités de retard

✅ Automatiques — BCE + 10 pts (12,15 %/an S1 2026)

❌ Pas automatiques — clause contractuelle obligatoire

Indemnité forfaitaire 40 €

✅ Automatique — sans mise en demeure ni mention préalable au sens de l’exigibilité — mais mention obligatoire CGV/facture

❌ Non applicable — loi B2C uniquement

Indemnité complémentaire

✅ Sur justificatifs si frais > 40 €

❌ Non applicable

Dépens (procédure judiciaire)

✅ À la charge du perdant

✅ À la charge du perdant

Article 700 CPC

✅ Sur demande au juge

✅ Sur demande au juge — mais juge tient compte des moyens du consommateur

 

Le point critique : le 40 € ne s’applique PAS aux particuliers

L’indemnité forfaitaire de 40 € est réservée aux relations entre professionnels. Si votre client est un particulier consommateur, cette indemnité n’est pas due — ni les pénalités de retard automatiques. Pour protéger votre trésorerie face à des clients particuliers, vous devez prévoir expressément des pénalités dans votre contrat ou devis signé. Sans clause contractuelle, vos recours sont limités à la procédure judiciaire (dépens + article 700 CPC).

7. Les frais d'une agence de recouvrement sont-ils récupérables sur le débiteur ?

C’est la question que se posent tous nos clients. La réponse est oui, en partie — sous conditions.

Via l’indemnité complémentaire (phase amiable, B2B)

Les honoraires de DCN Recouvrement constituent des frais de recouvrement réels. À condition que votre débiteur soit un professionnel et que ces honoraires dépassent 40 €, vous pouvez les lui réclamer comme indemnité complémentaire sur justificatifs (art. L441-10, II Code de commerce). Concrètement : si nos honoraires s’élèvent à 300 €, vous pouvez réclamer 300 € à votre débiteur au titre des frais de recouvrement réels.

Via l’article 700 CPC (phase judiciaire)

En cas de procédure judiciaire, vous pouvez demander au juge de condamner votre débiteur à vous rembourser tout ou partie des frais de recouvrement engagés (agence, commissaire de justice, avocat) au titre de l’article 700 CPC. Conservez toutes vos factures — elles constituent les justificatifs indispensables.

Ce qui n’est pas récupérable en amiable

La phase de relance simple (emails, appels téléphoniques) n’est pas récupérable sur le débiteur — ces frais restent à votre charge, à moins d’avoir une clause contractuelle spécifique. C’est pourquoi les frais de recouvrement amiable sont généralement pris en charge par le débiteur uniquement dans les cas où l’agence facture son intervention à la créance (commission au résultat) et que cette commission peut être considérée comme un frais de recouvrement justifié.

8. Ce que vous devez impérativement mentionner dans vos CGV et factures

Pour pouvoir réclamer l’indemnité forfaitaire de 40 € et les pénalités de retard, vous devez les avoir mentionnées avant le retard — dans vos documents commerciaux.

Checklist des mentions obligatoires

  • Sur les factures (art. L441-9 Code de commerce) : délai de paiement, date d’échéance, taux des pénalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 €.
  • Dans les CGV (art. L441-10 Code de commerce) : conditions d’application des pénalités de retard, taux, date de point de départ, indemnité forfaitaire de 40 € et mention de l’éventuelle indemnité complémentaire.
  • La mention de l’indemnité forfaitaire doit figurer sur toutes les factures émises à des professionnels, même celles envoyées à l’étranger (UE ou hors UE).

Sanctions pour défaut de mention

Le défaut de mention de l’indemnité forfaitaire sur les factures est sanctionné par une amende administrative :

  • Sur la facture : jusqu’à 75 000 € pour une personne physique / 350 000 € pour une personne morale.
  • Dans les CGV : jusqu’à 75 000 € pour une personne physique / 2 millions d’euros pour une personne morale.

Ces sanctions, bien que rarement appliquées en pratique aux petites entreprises, démontrent l’importance que la loi attache à cette mention.

9. Tableau récapitulatif : qui paie quoi en recouvrement ?

Type de frais

Phase amiable B2B

Phase judiciaire

Charge initiale

Pénalités de retard (12,15 %/an)

✅ À la charge du débiteur B2B

✅ À la charge du débiteur

Débiteur

Indemnité forfaitaire 40 €

✅ À la charge du débiteur B2B

✅ À la charge du débiteur

Débiteur

Frais d’agence de recouvrement

✅ Récupérables sur justificatifs (B2B)

✅ Via article 700 CPC

Créancier d’abord

Frais de commissaire de justice

✅ Dépens (frais tarifés)

✅ Dépens + art. 700

Créancier d’abord

Honoraires d’avocat

❌ Pas en phase amiable

✅ Article 700 CPC (partiel)

Créancier d’abord

Frais de greffe

N/A

✅ Dépens (charge du perdant)

Créancier d’abord

Frais de traduction (international)

✅ Indemnité complémentaire (justificatifs)

✅ Dépens + art. 700

Créancier d’abord

 

 

10. FAQ : vos questions sur les frais de recouvrement

L’indemnité de 40 € doit-elle être mentionnée sur chaque facture ?

Oui, obligatoirement. La mention de l’indemnité forfaitaire de 40 € doit figurer sur chaque facture émise à un professionnel et dans les CGV. Elle peut être intégrée dans les conditions de règlement de la facture sous la forme : « Indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement en cas de retard de paiement : 40 € ». L’absence de cette mention sur la facture expose à une amende pouvant aller jusqu’à 75 000 € (personne physique) ou 350 000 € (personne morale).

 

Peut-on réclamer plus de 40 € de frais de recouvrement ?

Oui — si vos frais réels de recouvrement sont supérieurs à 40 €. L’article L441-10, II du Code de commerce prévoit une indemnité complémentaire sur justificatifs. Concrètement : si vous avez payé une agence de recouvrement, un commissaire de justice ou un avocat pour recouvrer votre créance, et que la facture dépasse 40 €, vous pouvez réclamer l’intégralité de ces frais à votre débiteur professionnel. Conservez absolument toutes vos factures de prestataires — elles constituent votre justificatif.

 

L’article 700 CPC permet-il de récupérer les honoraires d’une agence de recouvrement ?

L’article 700 CPC couvre les frais non compris dans les dépens engagés dans le cadre d’une procédure judiciaire. Les honoraires d’une agence de recouvrement engagés pendant la phase amiable ne relèvent pas directement de l’article 700. En revanche, si la procédure devient judiciaire, vous pouvez demander au juge de condamner votre débiteur à vous rembourser l’ensemble des frais de recouvrement (phase amiable et judiciaire confondues) en les présentant comme des frais justifiés au soutien de la demande. Le juge reste libre d’accorder ou de refuser selon l’équité.

 

L’indemnité de 40 € est-elle soumise à TVA ?

Non. L’indemnité forfaitaire de 40 € n’est pas soumise à la TVA. Elle constitue une indemnisation du préjudice subi par le créancier, et non une contrepartie d’une prestation de service. Sur votre facture de rappel ou votre mise en demeure, vous la mentionnez donc HT — sans TVA. Elle est en revanche imposable au titre de l’impôt sur les bénéfices (elle constitue un produit financier).

 

Puis-je facturer les frais de recouvrement à un client particulier ?

Les pénalités de retard automatiques et l’indemnité forfaitaire de 40 € ne s’appliquent pas aux consommateurs particuliers — elles sont réservées au B2B. Pour un client particulier, vous devez avoir prévu contractuellement des pénalités de retard (dans le contrat ou le devis signé) pour pouvoir les réclamer. Sans clause, vos recours se limitent à la procédure judiciaire — où les dépens et éventuellement l’article 700 CPC permettent de récupérer une partie de vos frais.

Conclusion

Oui, vous pouvez — et dans bien des cas, vous devez — facturer des frais de recouvrement à votre débiteur. En B2B, les 40 € d’indemnité forfaitaire par facture sont automatiques et légalement dus. Au-delà, tous vos frais réels de recouvrement (agence, commissaire de justice, avocat) sont récupérables sur justificatifs. Et en cas de procédure judiciaire, les dépens et l’article 700 CPC vous permettent de faire supporter une partie du coût à la partie perdante.

Mais pour que ces mécanismes fonctionnent, il faut préparer son terrain : mentions obligatoires dans les CGV et sur les factures, conservation des justificatifs, demandes formulées au bon moment et dans les bonnes formes. DCN Recouvrement vous accompagne pour maximiser les sommes récupérées — frais de recouvrement inclus.

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