Calculer les intérêts de retard et pénalités sur facture impayée en 2026 : guide complet

Réponse directe

En 2026, le taux légal des pénalités de retard entre professionnels est de 12,15 % par an (taux BCE 2,15 % + 10 points). La formule est : Pénalités = Montant TTC × 12,15 % ÷ 365 × Nombre de jours de retard. À cela s’ajoute une indemnité forfaitaire de 40 € par facture impayée, exigible de plein droit. Ces pénalités courent automatiquement dès le lendemain de l’échéance, sans mise en demeure préalable.

 

Vous avez une facture impayée et vous ne savez pas ce que vous êtes en droit de réclamer ? Les intérêts de retard sur facture impayée et les pénalités de retard de paiement sont souvent mal connus ou sous-utilisés par les entreprises françaises — pourtant, ce sont des droits automatiques que la loi vous reconnaît dès le premier jour de retard. Ce guide complet vous explique les taux applicables en 2026, la formule de calcul étape par étape, et les pièges à éviter.

Sommaire - Calculer les intérêts de retard et pénalités sur facture impayée en 2026 : guide complet

Calculer les intérêts de retard et pénalités sur facture impayée en 2026 : guide complet

1. Cadre légal : qui peut réclamer des pénalités de retard ?

Les pénalités de retard de paiement entre professionnels sont régies par l’article L441-10 du Code de commerce, issu de la loi de Modernisation de l’Économie (LME) du 4 août 2008, complétée et modifiée par plusieurs textes successifs. Elles s’appliquent à toute transaction commerciale entre professionnels.

Peuvent réclamer des pénalités de retard : les commerçants, les artisans, les auto-entrepreneurs, les sociétés commerciales (SAS, SARL, SA…), les professions libérales et les associations assujetties à la TVA — dès lors que leur client est également un professionnel (et non un particulier).

Important : pas de pénalités de retard sur facture à un particulier

Les pénalités de retard décrites dans cet article concernent exclusivement les transactions B2B (entre professionnels). Il est interdit de facturer des pénalités de retard à un particulier (consommateur) — les règles sont différentes dans le cadre d’un contrat de consommation.

2. Les délais de paiement légaux à respecter entre professionnels

Avant de calculer des pénalités de retard, il faut savoir quand le retard commence. La loi fixe des délais maximaux stricts, que les parties ne peuvent dépasser même par accord contractuel.

 

Type de délai

Durée max

Conditions / Base légale

Délai légal supplétif (par défaut)

30 jours

Art. L441-10 Code commerce — si pas de clause dans CGV ou contrat

Délai négocié maximal (nets)

60 jours

Art. L441-10 — doit figurer dans les CGV ou le contrat

Délai négocié (45 jours fin de mois)

45 jours fdm

Art. L441-10 — clause expresse obligatoire, méthode de calcul précisée

Factures périodiques

45 jours max

Art. L441-10 — indépendamment de tout accord contraire

Transport routier, fret aérien

30 jours

Art. L441-11 — délai dérogatoire sectoriel impératif

Produits alimentaires périssables

Selon nature

Art. L441-11 — de 8 jours (animaux vivants) à 30 jours (produits frais)

 

Quand le retard commence-t-il ?

Les pénalités courent dès le lendemain de la date d’échéance mentionnée sur la facture. Exemple : facture échue le 31 mars 2026 non réglée → le retard commence le 1er avril 2026 à minuit, et les pénalités courent à partir de cette date sans qu’il soit nécessaire d’envoyer une relance ou une mise en demeure préalable.

 

3. Les taux de pénalités de retard applicables en 2026

Le taux des pénalités de retard est l’un des points que les dirigeants maîtrisent le moins bien. Il existe en réalité plusieurs taux possibles, selon ce que vous avez prévu dans vos CGV.

 

Taux / Base de calcul

S2 2025

S1 2026 (en vigueur)

Taux BCE (taux Refi)

2,15 %

2,15 %

Pénalités légales par défaut (BCE + 10 pts)

12,15 %

12,15 %

Taux d’intérêt légal (professionnel)

2,76 %

2,62 %

Taux minimum en CGV (3 × intérêt légal)

8,28 %

7,86 %

Indemnité forfaitaire de recouvrement

40 €

40 €

 

Quel taux choisir dans vos CGV ?

Il existe trois options :

  1. Le taux légal de référence (BCE + 10 pts) : 12,15 % au S1 2026. C’est le taux que le Code de commerce applique par défaut si vous n’avez rien stipulé dans vos CGV ou sur vos factures. C’est le taux le plus dissuasif actuellement disponible.
  2. Un taux libre supérieur : vous pouvez librement fixer un taux plus élevé (ex. 15 % ou 18 % par an), à condition qu’il soit accepté par votre client et figureant sur la facture ou dans les CGV paraphées.
  3. Le minimum légal (3 × intérêt légal) : 7,86 % au S1 2026. C’est le plancher en dessous duquel il est impossible de descendre. Ce taux est peu dissuasif — nous le déconseillons.

 

Recommandation DCN Recouvrement

Indiquez dans vos CGV le taux BCE + 10 points (actuellement 12,15 %), ou un taux fixe de 12 à 15 % par an. Évitez le taux minimum légal (7,86 %) qui n’a aucun effet dissuasif sur les mauvais payeurs. Un taux bien affiché et bien formulé vaut mieux qu’un long discours.

4. La formule de calcul des intérêts de retard : étape par étape

LA FORMULE DE CALCUL DES PÉNALITÉS DE RETARD

Pénalités  =  Montant TTC  ×  Taux annuel  ÷  365  ×  Nombre de jours de retard

Exemple : 5 000 € TTC × 12,15 % ÷ 365 × 30 jours = 49,93 €

 

Décomposition de la formule

Montant TTC : utilisez le montant toutes taxes comprises de la facture impayée. C’est bien le TTC qui sert de base de calcul.

Taux annuel : exprimé en pourcentage (ex. 12,15 %). À diviser par 100 avant d’appliquer la formule.

÷ 365 : les pénalités sont calculées prorata temporis, sur la base d’une année de 365 jours (même les années bissextiles selon Service-Public.fr).

Nombre de jours de retard : comptez depuis le lendemain de la date d’échéance jusqu’au jour du paiement effectif (inclus).

 

Calcul pas à pas — exemple complet

Situation :

Facture de 5 000 € TTC émise le 1er mars 2026, échéance à 30 jours (le 31 mars 2026). Votre client paie le 30 avril 2026. Retard : 30 jours. Taux : 12,15 % (BCE + 10 pts).

 

Étape 1 — Calcul des pénalités : 5 000 × (12,15 / 100) ÷ 365 × 30 = 49,93 €

Étape 2 — Ajout de l’indemnité forfaitaire : 49,93 + 40 = 89,93 €

 

Vous êtes en droit de réclamer 89,93 € en plus des 5 000 € dus.



5. L'indemnité forfaitaire de 40 € : tout ce qu'il faut savoir

L’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € est prévue par l’article D441-5 du Code de commerce (décret n° 2012-1115 du 2 octobre 2012). Elle s’applique depuis le 1er janvier 2013.

Les 5 règles essentielles de l’indemnité de 40 €

  • Elle est due de plein droit dès le premier jour de retard — sans besoin d’une relance préalable.
  • Elle s’applique par facture en retard — pas par jour de retard. Une facture impayée = 40 €, trois factures impayées = 3 × 40 € = 120 €.
  • Elle est due quel que soit le montant de la facture — que la facture soit de 100 € ou de 100 000 €, l’indemnité est toujours de 40 €.
  • Elle n’est pas soumise à la TVA — c’est une indemnité compensatoire, pas une prestation de services.
  • Elle peut être augmentée si vos frais réels de recouvrement dépassent 40 € — présentez alors une justification des frais supplémentaires (honoraires de commissaire de justice, frais d’avocat, frais d’agence de recouvrement).

 

Astuce pratique

Pour 10 factures impayées de 500 € chacune, vous avez droit à 10 × 40 € = 400 € d’indemnités forfaitaires en plus des pénalités calculées sur chaque facture. Pensez à réclamer ce montant systématiquement — c’est un droit, pas une option.

6. Exemples chiffrés pour artisans, auto-entrepreneurs et PME

Voici des cas concrets calculés avec le taux de référence du S1 2026 (12,15 %) :

 

Profil

Facture TTC

Retard

Taux

Pénalités

+ Forfait 40 €

Auto-entrepreneur (prestation graphisme)

1 200 € TTC

30 jours

12,15 %

12,05 €

52,05 €

Artisan plombier (chantier résidentiel)

3 600 € TTC

45 jours

12,15 %

54,21 €

94,21 €

PME fournisseur B2B (livraison matériel)

8 500 € TTC

60 jours

12,15 %

171,49 €

211,49 €

Cabinet de conseil (mission stratégique)

15 000 € TTC

90 jours

12,15 %

452,05 €

492,05 €

TPE BTP (sous-traitance)

22 000 € TTC

120 jours

12,15 %

879,45 €

919,45 €

 

Ces calculs sont réalisés avec la formule : Montant TTC × 12,15 % ÷ 365 × Jours de retard. L’indemnité forfaitaire de 40 € est ajoutée par facture. Les montants sont arrondis au centime.

 

7. Comment mentionner les pénalités sur vos factures (mentions obligatoires)

Les pénalités de retard font partie des mentions obligatoires d’une facture entre professionnels. Leur absence expose le créancier à une amende administrative pouvant aller jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 2 millions d’euros pour une personne morale (art. L441-16 du Code de commerce, contrôles DGCCRF).

Texte type à insérer sur vos factures

Clause de pénalités de retard recommandée :

« Tout retard de paiement entraîne de plein droit, dès le lendemain de la date d’échéance, l’application de pénalités de retard au taux annuel de 12,15 % (taux de refinancement de la BCE majoré de 10 points, conformément à l’article L441-10 du Code de commerce), ainsi qu’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € (art. D441-5 du Code de commerce). »

 

Où placer cette mention sur la facture ?

  • En bas de facture, dans la section « Conditions de paiement ».
  • Dans vos Conditions Générales de Vente (CGV), aux conditions qu’elles soient opposables (communiquées avant la commande et acceptées).
  • Sur vos devis et bons de commande, si ceux-ci font référence à vos CGV.

 

Facture électronique : nouveauté 2026-2027

La facturation électronique devient obligatoire progressivement : réception pour toutes les entreprises dès le 1er septembre 2026, émission pour les grandes entreprises/ETI dès septembre 2026, et pour les PME et micro-entreprises dès 1er septembre 2027 (décret n° 2024-266). Les mentions obligatoires de pénalités de retard s’appliquent à la facture électronique dans les mêmes conditions qu’à la facture papier.

8. Peut-on réclamer des pénalités sans en avoir informé le client ?

Oui — c’est l’une des particularités importantes du droit français. Les pénalités de retard entre professionnels sont dues de plein droit, c’est-à-dire automatiquement, sans qu’il soit nécessaire d’en avoir informé le client par une relance ou une mise en demeure préalable.

En revanche, elles doivent être mentionnées sur la facture pour être opposables. Si votre facture ne comporte aucune mention sur les pénalités de retard, les pénalités sont tout de même dues — au taux légal de référence — mais leur exigibilité peut être plus difficile à faire valoir en cas de contentieux.

Peut-on réclamer des pénalités sur une créance déjà réglée ?

Oui. Si votre client a finalement payé sa facture mais avec retard, vous êtes en droit de réclamer les pénalités qui ont couru pendant la période de retard, même après le paiement du principal. Ces pénalités se prescrivent dans le délai général de 5 ans applicable aux créances commerciales entre professionnels.

Peut-on renoncer aux pénalités de retard ?

Oui, vous pouvez décider de ne pas réclamer les pénalités — c’est une décision commerciale. Certaines entreprises choisissent de les réclamer systématiquement pour responsabiliser leurs clients, d’autres les utilisent comme levier de négociation. Dans tous les cas, elles constituent votre droit légal que vous pouvez exercer ou non.

 

9. FAQ : vos questions sur le calcul des pénalités de retard en 2026

Quel est le taux des pénalités de retard en 2026 ?

Le taux légal de référence pour le S1 2026 est de 12,15 % par an (taux BCE 2,15 % + 10 points). C’est le taux qui s’applique automatiquement si aucun autre taux n’est stipulé dans vos CGV ou sur votre facture. Le plancher légal (taux minimum possible dans vos CGV) est de 7,86 % (3 × taux intérêt légal de 2,62 % au S1 2026).

 

Comment calculer les intérêts de retard sur une facture impayée ?

Appliquez cette formule : Pénalités = Montant TTC × 12,15 % ÷ 365 × Nombre de jours de retard. Exemple : pour une facture de 3 000 € TTC avec 45 jours de retard : 3 000 × (12,15 / 100) ÷ 365 × 45 = 45,18 € de pénalités. Ajoutez 40 € d’indemnité forfaitaire pour obtenir le total réclamable.

 

Taux intérêts légaux retard paiement 2026 : comment ça évolue ?

Le taux directeur de la BCE (taux Refi) est fixé à 2,15 % depuis juin 2025 et reste inchangé au S1 2026. Le taux de référence des pénalités de retard (BCE + 10 pts) est donc de 12,15 %. Le taux d’intérêt légal pour les professionnels est de 2,62 % au S1 2026 (arrêté du 15 décembre 2025). Ces taux sont mis à jour chaque semestre.

 

L’indemnité forfaitaire de 40 € est-elle automatique pour les artisans et auto-entrepreneurs ?

Oui. Dès lors que vous êtes un professionnel et que votre client est également un professionnel, l’indemnité forfaitaire de 40 € est automatiquement due pour chaque facture réglée en retard — artisan, auto-entrepreneur, freelance, société, professionnel libéral. Il n’est pas nécessaire d’avoir de CGV pour y avoir droit, même si leur mention sur la facture renforce votre position en cas de contestation.

 

Doit-on envoyer une mise en demeure avant de réclamer les pénalités de retard ?

Non — les pénalités de retard entre professionnels courent automatiquement dès le lendemain de l’échéance, sans relance ni mise en demeure préalable (art. L441-10, II du Code de commerce). En revanche, une mise en demeure est fortement recommandée si vous envisagez d’engager une procédure judiciaire — elle matérialise formellement votre démarche de recouvrement et constitue une preuve précieuse.

 

Comment calculer les pénalités de retard pour un artisan sur une facture de travaux ?

La formule est identique pour un artisan : Montant TTC × 12,15 % ÷ 365 × Jours de retard. Exemple : facture de 4 200 € TTC pour des travaux de plomberie, 60 jours de retard → 4 200 × (12,15 / 100) ÷ 365 × 60 = 83,80 € de pénalités + 40 € d’indemnité forfaitaire = 123,80 € réclamables en sus du montant principal.

Conclusion

Le calcul des intérêts de retard sur facture impayée n’est pas réservé aux grandes entreprises dotées d’un département juridique. C’est un droit simple, automatique et exigible par tout professionnel — artisan, auto-entrepreneur, PME ou ETI. En 2026, le taux de référence de 12,15 % par an et l’indemnité forfaitaire de 40 € constituent un levier concret pour limiter l’impact financier des mauvais payeurs.

La clé : mentionner ces pénalités sur vos factures, les réclamer systématiquement dès le premier retard, et agir rapidement si le règlement tarde à venir. Chez DCN Recouvrement, nous calculons et réclamons ces sommes pour vous — et nous vous accompagnons jusqu’à l’encaissement complet.

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