Comment calculer les intérêts de retard sur une facture B2B en 2026 ? (taux BCE + formule)

💡 Réponse directe — Formule de calcul

Formule légale (art. L.441-10 Code de commerce) :

Intérêts de retard = Montant HT × (taux BCE + 10 pts) × nombre de jours de retard / 365

Taux applicable S1 2026 : taux BCE 2,40 % + 10 pts = 12,40 % par an — soit 0,03397 % par jour

+ Indemnité forfaitaire : 40 € par facture impayée, due automatiquement dès le 1er jour de retard (art. D.441-5 C.com.) — sans mise en demeure préalable

Exemple : facture de 10 000 € HT, 60 jours de retard → 10 000 × 0,1240 × 60/365 = 203,84 € d’intérêts + 40 € d’indemnité = 243,84 € au total

 

En France, tout professionnel en retard de paiement sur une facture B2B est automatiquement redevable d’intérêts de retard — sans mise en demeure préalable, sans clause contractuelle nécessaire. C’est un droit légal direct, souvent ignoré par les créanciers qui ne le réclament pas.

Sommaire - Comment calculer les intérêts de retard sur une facture B2B en 2026 ? (taux BCE + formule)

Comment calculer les intérêts de retard sur une facture B2B en 2026 ? (taux BCE + formule)

1. La base légale : pourquoi ces intérêts sont dus automatiquement

L’article L.441-10 du Code de commerce (modifié par la loi de modernisation de l’économie de 2008) dispose que tout retard de paiement dans les transactions entre professionnels donne lieu, de plein droit et sans qu’un rappel soit nécessaire, à des pénalités de retard exigibles le jour suivant la date de règlement mentionnée sur la facture.

Trois conséquences pratiques importantes :

  • De plein droit : vous n’avez pas à le demander pour que les intérêts courent — ils courent automatiquement dès le lendemain de l’échéance
  • Sans mise en demeure : contrairement à d’autres créances, vous n’avez pas à envoyer une LRAR pour que le délai commence à courir
  • Sans clause contractuelle : même si votre contrat ou vos CGV ne mentionnent pas les pénalités de retard, elles sont dues

2. Le taux applicable en 2026 : BCE + 10 points

Le taux légal des pénalités de retard entre professionnels est fixé à trois fois le taux d’intérêt légal selon l’ancien texte, mais la formule actuelle issue de la LME est :

📐 Formule du taux de pénalité de retard B2B

Taux de pénalité = Taux de refinancement de la BCE en vigueur + 10 points de pourcentage

En vigueur au 1er janvier 2026 : taux BCE = 2,40 % → taux pénalités = 12,40 % par an

Le taux BCE est révisé deux fois par an (1er janvier et 1er juillet). Le taux applicable est celui en vigueur au 1er jour du semestre au cours duquel le retard commence.

3. Historique du taux BCE et des pénalités de retard (2024-2026)

Période

Taux BCE opérations principales

Taux pénalités retard (BCE + 10 pts)

Remarque

1er janv. – 30 juin 2024

4,50 %

14,50 %

Taux appliqué S1 2024

1er juil. – 31 déc. 2024

4,25 %

14,25 %

Taux appliqué S2 2024

1er janv. – 30 juin 2025

3,15 %

13,15 %

Baisse BCE — taux appliqué S1 2025

1er juil. – 31 déc. 2025

2,65 %

12,65 %

Taux appliqué S2 2025

1er janv. – 30 juin 2026

2,40 %

12,40 % ← TAUX EN VIGUEUR

Taux applicable aux factures en retard en 2026

 

En pratique : pour une facture en retard depuis avant le 1er juillet 2025, vous devrez calculer les intérêts en deux tranches avec deux taux différents. Utilisez le taux du semestre au cours duquel le retard a commencé pour la tranche correspondante.

4. La formule de calcul étape par étape

🔢 Formule complète

Intérêts de retard = Montant HT × Taux annuel × (Nombre de jours de retard / 365)

Total réclamable = Intérêts de retard + 40 € (indemnité forfaitaire)

 

Étape 1 — Identifier le montant de base

Les intérêts de retard se calculent sur le montant HT de la facture impayée — pas sur le TTC. La TVA n’est pas incluse dans la base de calcul des pénalités.

 

Étape 2 — Identifier le nombre de jours de retard

Le retard commence le lendemain de la date d’échéance inscrite sur la facture. Si votre facture est due au 31 mars 2026 et que vous calculez au 30 mai 2026 : 60 jours de retard.

 

Étape 3 — Appliquer la formule

Exemple de calcul complet :

  • Montant HT : 8 500 €
  • Taux : 12,40 % (S1 2026)
  • Jours de retard : 45 jours
  • Calcul : 8 500 × 0,1240 × 45/365 = 129,97 €
  • + Indemnité forfaitaire : 40 €
  • Total réclamable : 129,97 + 40 = 169,97 €

 

Étape 4 — En cas de facturation multi-semestres

Si le retard s’étend sur plusieurs semestres avec des taux BCE différents, calculez séparément pour chaque tranche. Exemple : retard du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 :

  • Tranche S1 2025 (1er avr. → 30 juin 2025) : 91 jours × taux 13,15 %
  • Tranche S2 2025 (1er juil. → 31 déc. 2025) : 184 jours × taux 12,65 %
  • Tranche S1 2026 (1er janv. → 31 mars 2026) : 90 jours × taux 12,40 %

5. Exemples chiffrés pour différents montants et délais

Calcul sur la base du taux S1 2026 : 12,40 % — montant HT

 

Facture HT

Jours de retard

Taux annuel

Intérêts de retard

+ Indemnité 40 €

1 000 €

30 jours

12,40 %

10,19 €

40 € → Total : 50,19 €

5 000 €

45 jours

12,40 %

76,44 €

40 € → Total : 116,44 €

10 000 €

60 jours

12,40 %

203,84 €

40 € → Total : 243,84 €

25 000 €

90 jours

12,40 %

767,12 €

40 € → Total : 807,12 €

50 000 €

120 jours

12,40 %

2 046,58 €

40 € → Total : 2 086,58 €

100 000 €

180 jours

12,40 %

6 139,73 €

40 € → Total : 6 179,73 €

 

 

6. L'indemnité forfaitaire de 40 € : la règle souvent oubliée

L’article D.441-5 du Code de commerce prévoit qu’en plus des intérêts de retard, le créancier a droit à une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, due automatiquement dès le premier jour de retard

Caractéristique

Détail

Montant

40 € par facture (pas par créancier, pas par mois — par facture)

Déclenchement

Automatique dès le 1er jour de retard — sans mise en demeure

Frais supplémentaires

Si vos frais de recouvrement dépassent 40 € : vous pouvez réclamer le surplus (art. D.441-5 al. 2)

Applicabilité

Uniquement entre professionnels (B2B) — pas applicable aux particuliers

Mention sur la facture

Recommandé mais pas obligatoire — la mention renforce la connaissance du droit par le débiteur

 

Sur un portefeuille de 100 factures impayées, cette indemnité représente 4 000 € à récupérer — montant souvent ignoré par les créanciers qui ne la réclament pas systématiquement.

7. Quand commencent à courir les intérêts ?

Les intérêts commencent à courir le lendemain de la date d’échéance indiquée sur la facture. Mais qu’est-ce qui constitue la date d’échéance ?

  • Facture avec date d’échéance explicite : les intérêts courent à compter du lendemain de cette date
  • Facture sans date d’échéance : les intérêts courent à compter du 31ème jour suivant la date de réception des marchandises / de la prestation (délai légal supplétif de 30 jours)
  • Litige sur la date de réception : la date du bon de livraison ou du PV de réception fait foi
  • Facture contestée : les intérêts continuent à courir même en cas de contestation, sur la partie de la créance non sérieusement contestée

8. Taux légal vs taux contractuel : peut-on faire mieux ?

Contexte

Taux applicable

Base légale

Remarque

Facture B2B — taux légal (sans clause contractuelle)

Taux BCE + 10 pts = 12,40 % (S1 2026)

Art. L.441-10 C.com.

De plein droit — sans mise en demeure préalable

Facture B2B — taux contractuel supérieur

Taux fixé dans le contrat

Art. L.441-10 C.com.

Possible si > taux légal — à indiquer sur la facture

Facture B2C (particulier)

Taux légal civil = ~3,99 % (S1 2026)

Art. 1231-6 Code civil

Taux très inférieur — non applicable aux créances commerciales

Marchés publics / collectivités

Taux BCE + 8 pts = 10,40 % (S1 2026)

Décret n°2013-269

Taux légèrement inférieur au B2B privé

 

Le taux légal (BCE + 10 pts) est un minimum. Vous pouvez contractuellement prévoir un taux supérieur dans vos CGV — mais pas inférieur. En pratique, le taux légal de 12,40 % est déjà dissuasif — peu de contrats justifient d’aller au-delà, sauf dans des secteurs à très forte rotation de capital.

9. FAQ — Questions fréquentes

Dois-je mentionner les pénalités de retard sur ma facture ?

L’article L.441-9 C.com. impose de mentionner sur la facture : les conditions d’escompte, le taux des pénalités exigibles le jour suivant la date de paiement inscrite sur la facture, et le montant de l’indemnité forfaitaire de 40 €. Cette mention est obligatoire — son absence est passible d’une amende de 75 000 €. Mais son absence sur la facture ne supprime pas le droit aux pénalités — elles sont dues légalement même sans mention.

Puis-je réclamer des pénalités de retard si mon contrat ne le prévoit pas ?

Oui — les pénalités de retard sont dues de plein droit par la loi (art. L.441-10 C.com.), indépendamment des clauses contractuelles. Même si votre contrat ne mentionne pas les pénalités, elles sont exigibles au taux légal.

Comment inclure les intérêts de retard dans une mise en demeure ou une procédure ?

Calculez les intérêts courus à la date de la mise en demeure et mentionnez-les explicitement. Exemple : ‘Notre créance s’élève à X € en principal, auxquels s’ajoutent Y € d’intérêts de retard au taux de 12,40 % courus depuis le [date d’échéance], soit Z € au total, ainsi que l’indemnité forfaitaire de 40 €.’ Mettez à jour le calcul à la date de la procédure judiciaire.

Les intérêts de retard sont-ils soumis à la TVA ?

Non — les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € sont exclues du champ de la TVA (BOI-TVA-CHAMP-10-10-40). Elles ne doivent pas être soumises à TVA et ne constituent pas un complément de prix.

Peut-on cumuler intérêts de retard et dommages et intérêts ?

Oui — les pénalités légales de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € sont cumulables avec des dommages et intérêts si vous pouvez prouver un préjudice supérieur aux 40 € forfaitaires (par exemple : frais de financement engagés à cause du retard, perte d’un marché).

En résumé

Formule de calcul rapide pour 2026 :

  • Intérêts = Montant HT × 12,40 % × jours de retard / 365
  • Indemnité = 40 € par facture (automatique)
  • Total = Intérêts + 40 €

Ces montants sont dus automatiquement, sans mise en demeure, sans clause contractuelle. Intégrez-les systématiquement dans vos relances et procédures — ils représentent un droit que beaucoup de créanciers ne réclament jamais.

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