Pressing et blanchisserie : que faire face à des vêtements non récupérés et factures impayées ?

Vous tenez un pressing ou une blanchisserie. Vous avez nettoyé les vêtements, ils sont prêts, suspendus dans votre boutique depuis des semaines — et le client ne vient pas les chercher. Pire : il ne paie pas non plus la prestation. Que pouvez-vous faire légalement ?

Cette situation, banale pour les gérants de pressing, soulève en réalité des questions juridiques précises : avez-vous le droit de garder les vêtements jusqu’au paiement ? Pouvez-vous les vendre ? Après combien de temps peut-on considérer les vêtements comme abandonnés ? Et pour les clients professionnels — hôtels, restaurants, uniformes — quelles procédures de recouvrement sont disponibles ?

Ce guide répond à toutes ces questions, secteur par secteur (B2C et B2B), avec les procédures légales adaptées, les délais à respecter, et les clauses contractuelles indispensables.

Sommaire - Pressing et blanchisserie : que faire face à des vêtements non récupérés et factures impayées ?

Pressing et blanchisserie : que faire face à des vêtements non récupérés et factures impayées ?

1. Vêtements non récupérés : le droit de rétention légal

La première question que se pose tout gérant de pressing face à des vêtements non récupérés est : « ai-je le droit de les garder ? » La réponse est oui — et elle a une base légale solide.

Le droit de rétention : article 2286 du Code civil

L’article 2286 du Code civil reconnaît à tout créancier le droit de retenir la chose de son débiteur lorsque sa créance est exigible et que la détention est en connexité avec la chose retenue. Pour un pressing :

  • La créance : le prix de la prestation de nettoyage — certain, liquide et exigible dès la fin de la prestation
  • La chose retenue : les vêtements nettoyés — en votre possession de façon légitime (vous les avez reçus pour les nettoyer)
  • La connexité : évidente — vous retenez les vêtements exactement parce que votre prestation sur ces vêtements n’a pas été payée

 

Ce droit de rétention s’exerce sans formalité — vous n’avez pas besoin d’une clause dans vos CGV pour le pratiquer légalement. Toutefois, mentionner ce droit dans vos CGV renforce votre position et évite les contestations.

 

Question

Réponse juridique

Condition pratique

Le droit de rétention existe-t-il légalement pour un pressing ?

Oui — art. 2286 Code civil : tout créancier peut retenir la chose tant que sa dette n’est pas payée, à condition que la détention soit légitime et que la créance soit certaine

La prestation doit être terminée — vous ne pouvez retenir que des vêtements propres et prêts à rendre

Peut-on exercer ce droit sans clause contractuelle ?

Oui — le droit de rétention est un droit légal (art. 2286 C.civ.) — il s’applique même sans clause dans vos CGV

Mais vos CGV peuvent renforcer ce droit et préciser les conditions d’exercice

Peut-on exercer ce droit indéfiniment ?

Non — le droit de rétention n’est pas illimité dans le temps. En pratique, passé un délai raisonnable (3 à 6 mois), il peut basculer en abandon de biens

Passé un délai, engager la procédure d’abandon — voir section 3

Peut-on vendre les vêtements retenus ?

Non directement — la vente des biens retenus nécessite une procédure judiciaire (vente aux enchères publiques autorisée par le juge)

Sans autorisation judiciaire, vendre les vêtements = vol ou abus de confiance

Peut-on utiliser le droit de rétention contre un professionnel (B2B) ?

Oui — encore plus fort qu’en B2C car les pénalités de retard légales s’appliquent

La procédure simplifiée (loi 2026-307) est accessible si les deux parties sont commerçantes

 

Ce que vous ne pouvez pas faire avec les vêtements retenus

Le droit de rétention vous donne le droit de garder les vêtements — pas de les utiliser, de les vendre, ou d’en disposer librement. En particulier :

  • Vendre les vêtements sans autorisation judiciaire = abus de confiance (art. 314-1 Code pénal) — délit pénal
  • Donner les vêtements (même à des associations) sans procédure = même sanction
  • Les jeter = idem

La seule voie légale pour vous débarrasser des vêtements abandonnés tout en récupérant votre créance est la procédure judiciaire d’autorisation de vente décrite en section 2.



2. La procédure d'abandon de biens : comment vous en débarrasser légalement

Passé un délai raisonnable, les vêtements non récupérés peuvent être traités comme des biens abandonnés. Mais même dans ce cas, vous ne pouvez pas en disposer librement — une procédure judiciaire est nécessaire.

 

#

Étape

Ce que vous devez faire

Délai / Condition

Constat du non-retrait

Après un délai raisonnable (minimum 3 mois à compter de la fin de la prestation), constatez formellement que le client n’est pas venu chercher ses vêtements. Notez la date de dépôt et la date de la dernière relance.

3 mois minimum après la fin de la prestation

Mise en demeure de venir récupérer

Envoyez une LRAR au client lui demandant de venir récupérer ses vêtements sous 30 jours, avec rappel de la somme due. Mentionnez que passé ce délai, vous saisirez le juge pour autorisation de vente.

LRAR — délai de réponse : 30 jours

Procédure judiciaire si absence de réponse

Si le client ne répond pas ou ne vient pas : saisir le tribunal judiciaire (ou le juge des référés) pour obtenir l’autorisation de procéder à la vente aux enchères publiques des vêtements abandonnés.

Saisine TJ — délai variable selon tribunal

Vente aux enchères publiques

Une fois l’autorisation obtenue, les biens sont vendus par commissaire-priseur ou par voie judiciaire. Le produit de la vente s’impute sur la créance. Le solde éventuel est consigné à la Caisse des Dépôts.

Vente judiciaire — produit à imputer sur créance

Recouvrement du solde

Si le produit de la vente est insuffisant pour couvrir la créance (cas fréquent pour des vêtements de faible valeur), vous gardez un droit de recours judiciaire pour le solde.

Injonction de payer pour le solde résiduel

 

Quel délai avant de déclencher la procédure d’abandon ?

La loi ne fixe pas de délai précis pour considérer les vêtements comme abandonnés. La jurisprudence retient 3 à 6 mois après la fin de la prestation comme délai raisonnable, à condition que vous ayez :

  • Notifié la disponibilité des articles
  • Envoyé au moins une relance et une mise en demeure par LRAR
  • Attendu la réponse à cette mise en demeure (30 jours)

 

La réalité économique : souvent pas rentable pour les petites créances

Soyons honnêtes : pour un lot de vêtements valant 50 € et une facture de 30 €, la procédure judiciaire d’autorisation de vente coûte plus cher que la créance. Les frais de justice, de commissaire-priseur et de procédure dépassent largement la valeur en jeu.

Dans ce cas, la stratégie réaliste est de : (1) exercer votre droit de rétention le temps que le client se manifeste, (2) après 6 mois, envoyer une dernière mise en demeure, (3) si toujours rien, stocker ou donner les vêtements en pratique (même si ce n’est pas strictement légal pour les petits montants, c’est ce que font la plupart des pressings) — en gardant une trace écrite de toutes vos démarches.

Note : pour les vêtements de valeur (fourrures, costumes haut de gamme, tenues de mariage), la procédure judiciaire est pleinement justifiée économiquement.

 

3. Clients B2C vs clients B2B : deux régimes très différents

La grande majorité des pressings de quartier ont une clientèle de particuliers. Mais les blanchisseries professionnelles, les pressing B2B (hôtels, restaurants, uniformes d’entreprise) opèrent dans un régime très différent — beaucoup plus favorable au créancier.

 

Critère

B2C — Particulier

B2B — Professionnel (hôtel, restaurant, uniforme…)

Procédure simplifiée loi 2026-307

❌ Inapplicable (particulier = non commerçant)

✅ Applicable si les deux parties sont commerçantes

Injonction de payer

Tribunal judiciaire — sans avocat possible

Tribunal de commerce ou TJ — sans avocat possible

Pénalités de retard légales

Taux légal civil (~4,47 % en 2026)

Taux BCE + 10 pts + indemnité forfaitaire 40 €

Prescription

2 ans (L.218-2 C.conso)

5 ans (L.110-4 C.com.)

Protection du débiteur

Forte — droit de la consommation

Standard — droit commercial

Surendettement possible

Oui — suspend vos poursuites

Non — procédure collective différente

Droit de rétention

Oui — art. 2286 C.civ.

Oui — art. 2286 C.civ. + CGV renforcent

 

Le pressing B2B : un terrain beaucoup plus favorable

Si vous avez des contrats de blanchisserie avec des hôtels, restaurants, maisons de retraite, entreprises de maintenance (uniformes) ou toute autre entité commerciale, vous bénéficiez du régime du droit commercial : procédure simplifiée de la loi 2026-307 si votre client est commerçant, pénalités de retard légales élevées, prescription 5 ans.

Les contrats B2B de blanchisserie sont souvent récurrents et de montants élevés — un hôtel 4 étoiles qui tarde à payer ses prestations peut représenter plusieurs milliers d’euros d’encours. Dans ce cas, les procédures de recouvrement sont pleinement justifiées économiquement.

4. Les factures impayées : séquence de relances adaptée au pressing

Stade

Délai

Action

Canal

Rappel

J+7

‘Vos articles sont prêts à retirer. Merci de passer en boutique ou de nous contacter pour convenir d’une heure.’ Ton neutre — pour les B2B, mentionner la facture.

SMS ou email (si disponible)

Relance 1

J+15

‘Vos articles sont toujours disponibles au retrait. Pour les B2B : la facture n°XXX de X € est également échue.’ Proposer un mode de paiement à distance si le client ne peut pas passer.

Appel téléphonique + SMS

Relance 2

J+30

Ton plus ferme. Mentionner les frais de garde éventuels (si CGV le prévoient) et le fait que les vêtements non récupérés feront l’objet d’une procédure judiciaire d’ici 3 mois.

Courrier simple + SMS

Mise en demeure

J+60

LRAR : demande de récupération des articles ET paiement de la facture sous 30 jours. Mention du droit de rétention et de la procédure d’abandon de biens envisagée.

LRAR uniquement

Procédure judiciaire

J+90+

Selon le montant : injonction de payer pour la créance + saisine TJ pour autorisation de vente des vêtements abandonnés si non récupérés.

Via agence de recouvrement ou TJ

 

L’enjeu de la double problématique

Dans un pressing, l’impayé et le vêtement non récupéré sont souvent liés — le client ne vient pas parce qu’il ne peut pas payer. Vos relances doivent donc couvrir les deux aspects simultanément : récupération des vêtements ET paiement de la facture. Une relance qui ne parle que du paiement n’incitera pas le client à venir chercher ses affaires.

 

Les frais de garde : un outil de pression légal

Si vos CGV prévoient des frais de garde pour les articles non récupérés passé un certain délai, vous pouvez les facturer — et les intégrer dans votre créance totale. Ces frais ont deux effets : ils découragent les retards de retrait et ils augmentent votre créance si le client finit par venir chercher ses affaires sans avoir payé.

Montant raisonnable : 1 à 3 € par semaine de garde — un montant symbolique mais suffisamment dissuasif. Ces frais doivent être expressément prévus dans vos CGV et affichés en boutique — sans cela, ils ne sont pas opposables.

5. Les CGV indispensables pour protéger votre boutique

Clause

Pourquoi elle est indispensable

Formulation recommandée

Droit de rétention

Renforce le droit légal et l’explicite clairement — réduit les contestations

‘L’établissement exerce son droit de rétention sur les articles confiés jusqu’au paiement intégral de la prestation (art. 2286 Code civil).’

Délai de retrait et frais de garde

Encadre les vêtements non récupérés — permet de facturer des frais de stockage

‘Les articles doivent être retirés dans les 30 jours suivant la notification de disponibilité. Passé ce délai, des frais de garde de X €/semaine sont facturés dans la limite de Y semaines.’

Abandon de biens

Définit contractuellement le délai au-delà duquel les articles sont considérés comme abandonnés

‘Les articles non récupérés dans les 6 mois seront considérés comme abandonnés et feront l’objet d’une procédure judiciaire de vente conformément à l’article 2276 du Code civil.’

Délai de paiement B2B

Pour les clients professionnels, fixer le délai et les pénalités

‘Pour les clients professionnels, paiement à 30 jours net. Tout retard entraîne des pénalités au taux BCE + 10 pts et une indemnité forfaitaire de 40 €.’

Limitation de responsabilité

Protège en cas de perte ou de dommage accidentel — limitez votre responsabilité

‘Notre responsabilité est limitée à X fois le prix de la prestation (dans la limite de Y €) en cas de perte ou de dommage accidentel.’

Accord pour les textiles de valeur

Oblige à déclarer les textiles de grande valeur — évite les réclamations disproportionnées

‘Les textiles d’une valeur supérieure à X € doivent être déclarés lors du dépôt. À défaut, notre responsabilité est limitée aux barèmes tarifaires standard.’

 

Où afficher et comment faire accepter vos CGV

Pour être opposables à vos clients, vos CGV doivent être :

  • Affichées en boutique à un endroit visible (comptoir, vitrine) — un affichage en petit caractère au fond du magasin ne suffit pas
  • Mentionnées sur le ticket de dépôt — ‘Les articles sont soumis aux CGV affichées en boutique’
  • Pour les clients B2B : CGV signées dans le contrat — ne pas se contenter de l’affichage

6. Cas pratiques : les situations les plus fréquentes

Action :

  1. Appel téléphonique + SMS : ‘Vos articles vous attendent depuis le [date]’
  2. Si pas de réponse à J+15 : courrier simple rappelant la facture + frais de garde si CGV le prévoient
  3. À J+60 : LRAR mentionnant le droit de rétention et la procédure d’abandon envisagée après 6 mois total
  4. Si toujours rien à 6 mois : procédure judiciaire (rentable seulement si valeur des vêtements le justifie) ou stockage/donation en pratique en conservant les preuves de vos démarches

 

Cas 2 — Client professionnel (hôtel), facture mensuelle impayée

Action :

  1. Email + appel à J+5 après échéance : ton professionnel, factuel
  2. Relance écrite à J+15 avec rappel des pénalités de retard
  3. Mise en demeure LRAR à J+30 : montant + pénalités + indemnité 40 €
  4. Si pas de réponse à J+45 : procédure simplifiée loi 2026-307 si l’hôtel est commerçant et que la créance est incontestée — titre exécutoire en ~6 semaines, frais à la charge du débiteur

 

Cas 3 — Client dépose de nombreux vêtements, refuse de payer en disant que la qualité était insuffisante

C’est le cas le plus complexe. Vous avez le droit de retenir les vêtements tant qu’ils ne sont pas payés — mais si le client conteste la qualité, la créance peut être partiellement contestée.

Stratégie :

  • Répondez par écrit aux griefs de qualité — point par point
  • Si la contestation ne porte que sur une partie : isolez la partie incontestée et demandez son règlement immédiat
  • Proposez un avoir ou une ristourne sur la partie litigieuse pour débloquer la situation
  • Si le client refuse tout : injonction de payer pour la partie non contestée

 

Cas 4 — Vêtements de grande valeur (fourrure, robe de mariée) non récupérés

Pour les textiles de haute valeur, la procédure judiciaire est économiquement justifiée même pour des créances moyennes.

Dans ce cas :

  • Faites expertiser la valeur des vêtements par un commissaire-priseur avant toute démarche
  • Votre créance = facture de nettoyage + frais de garde + frais de gardiennage (si vous avez pris des précautions de conservation)
  • Si la valeur des vêtements dépasse votre créance, le client conserve un droit sur le solde après la vente judiciaire — cela peut l’inciter à se manifester

7. FAQ — Questions spécifiques pressing et blanchisserie

Un client dit que ses vêtements ont été abîmés et refuse de payer. Doit-on quand même rembourser ET ne pas être payé ?

Non — ces deux sujets sont indépendants juridiquement. Si vous estimez que la prestation a été correctement réalisée, vous pouvez maintenir votre créance et exercer votre droit de rétention sur les vêtements. Si le client prétend que les vêtements ont été abîmés, c’est à lui de le prouver et d’engager une demande en responsabilité distincte. Vous pouvez traiter les deux litiges séparément — et ne pas les confondre dans une négociation globale où vous risquez de tout perdre.

Peut-on vendre les vêtements abandonnés à une association caritative sans procédure judiciaire ?

Strictement parlant, non — la donation de biens d’autrui sans autorisation constitue un abus de confiance. En pratique, pour les vêtements de faible valeur après un long délai (> 12 mois) et après mise en demeure restée sans effet, beaucoup de pressings procèdent à des donations. Le risque pénal est théorique pour de tels montants. Mais conservez impérativement toutes vos preuves de démarches (dépôt, relances, LRAR) au cas où le client se manifeste ultérieurement.

Mon client B2B (une PME) dit que son dirigeant a quitté l’entreprise et que personne ne peut récupérer les vêtements. Que faire ?

La créance reste due par la société, pas par l’ancien dirigeant. Le changement de direction n’éteint pas les obligations contractuelles. Adressez vos relances au nouveau dirigeant ou au responsable administratif. Si la société est en difficulté financière ou en procédure collective, déclarez votre créance au mandataire judiciaire.

Un client laisse ses vêtements depuis 3 ans. Sa facture est-elle encore recouvrable ?

Pour un client particulier : la prescription est de 2 ans (L.218-2 C.conso). Si vous n’avez pas interrompu la prescription (LRAR, reconnaissance de dette), la créance est prescrite après 2 ans. Vous pouvez toujours exercer votre droit de rétention sur les vêtements (qui n’est pas soumis à la même prescription), mais vous ne pouvez plus recouvrer la créance en justice.

Pour un client professionnel : prescription de 5 ans (L.110-4 C.com.). Agissez avant l’expiration.

La procédure simplifiée de la loi 2026-307 est-elle accessible pour une blanchisserie ?

Oui, si vous êtes une société commerciale (SARL, SAS, SASU…) ET que votre client est également une société commerciale (hôtel, restaurant, entreprise). Dans ce cas, la créance doit être certaine, liquide, exigible et incontestée. La procédure simplifiée permet d’obtenir un titre exécutoire en ~6 semaines, avec les frais à la charge du débiteur.

Pour les clients particuliers, la procédure simplifiée n’est pas applicable — l’injonction de payer au tribunal judiciaire reste la voie appropriée.

8. FAQ — Questions spécifiques à la VEFA

L’acquéreur invoque une mauvaise qualité des travaux pour refuser de payer l’appel de fonds. Que faire ?

La contestation de la qualité des travaux est sans effet sur l’exigibilité de l’appel de fonds si l’attestation d’avancement a bien été délivrée par l’architecte. L’appel de fonds est dû dès l’atteinte du stade d’avancement certifié — indépendamment des réserves que l’acquéreur peut avoir sur la qualité.

En revanche, l’acquéreur peut consigner le solde final (5 % à la livraison) à hauteur des réserves non levées. Cette consignation est prévue par la loi — c’est la seule retenue légalement admissible.

L’acquéreur a perdu son emploi et ne peut plus payer. Doit-on résoudre la vente ?

Pas nécessairement — du moins pas immédiatement. Si l’acquéreur est de bonne foi, plusieurs options sont envisageables :

  • Moratoire temporaire : étalement des appels de fonds sur les 2-3 prochains mois, formalisé par avenant notarié
  • Substitution d’acquéreur : l’acquéreur cède son contrat à un tiers qui reprend les engagements — possible si le contrat le prévoit et si vous acceptez le nouveau acquéreur
  • Résolution amiable : l’acquéreur accepte la résolution du contrat, vous restituez une partie des sommes versées selon vos frais engagés

La résolution contrainte est la dernière option — coûteuse en temps et en frais pour les deux parties.

Combien de temps ai-je pour appeler les fonds après que le stade d’avancement est atteint ?

Aucun délai légal ne vous impose un délai maximum pour émettre l’appel de fonds après l’attestation d’avancement. Cependant, la prescription de la créance court à partir du moment où l’appel est exigible — c’est-à-dire dès l’attestation. Pour les particuliers, la prescription est de 5 ans en matière immobilière. Émettez vos appels de fonds dès l’attestation délivrée pour éviter tout risque de prescription.

Peut-on réclamer des pénalités de retard en plus du principal ?

Oui, si votre contrat les prévoit. La loi ne fixe pas de taux légal de pénalités pour les particuliers en VEFA (contrairement au B2B). Vous devez donc avoir contractualisé ce taux dans l’acte de vente. Un taux de 1 % à 1,5 % par mois est fréquemment stipulé dans les contrats VEFA. Sans clause contractuelle, vous ne pouvez réclamer que le taux légal civil (environ 4,47 % en 2026), très inférieur.

L’acquéreur est une SCI familiale dont l’associé gérant fait l’objet d’une procédure collective. Que faire ?

La procédure collective du gérant n’affecte pas directement la SCI en tant qu’entité juridique distincte. La SCI reste tenue de ses engagements contractuels. Cependant, si la SCI est elle-même en difficulté (ce qui est souvent lié), vous devez vérifier si une procédure collective a été ouverte contre la SCI au Bodacc. Si oui → déclarer votre créance au mandataire judiciaire.

En résumé

Le pressing est un secteur avec une double problématique rare : la facture impayée ET les biens non récupérés. Le droit de rétention légal (art. 2286 C.civ.) vous protège pour garder les vêtements jusqu’au paiement — mais il ne vous autorise pas à en disposer librement.

Pour les clients particuliers : procédure simple mais droit de la consommation protecteur — délais de prescription courts (2 ans), procédure judiciaire coûteuse pour petits montants. L’essentiel est de relancer vite et avoir de bonnes CGV

Pour les clients professionnels : terrain beaucoup plus favorable — procédure simplifiée accessible, pénalités légales élevées. Agissez dès J+45 sans attendre

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