Chiffres clés 2025 Le bâtiment/construction représente 25 % de toutes les défaillances d’entreprises en France (Altares, janvier 2026). La restauration enregistre encore +8 % de défaillances au T4 2025. L’immobilier voit la promotion bondire de +45 % au T3 2025. Ces trois secteurs cumulent des fragilités structurelles qui font d’eux les zones de risque maximal pour leurs fournisseurs, sous-traitants et prestataires en 2026. |
Fournisseur de matériaux de construction, traiteur ou grossiste alimentaire, agence de communication, prestataire informatique d’hôtels ou de promoteurs immobiliers : si vos clients exercent dans l’un de ces trois secteurs, vous êtes exposé à un risque impayé structurellement plus élevé qu’ailleurs. Ce guide analyse les fragilités propres à chaque secteur et vous donne les leviers concrets pour sécuriser vos créances avant, pendant et après un impayé.
Ces trois secteurs partagent une même logique économique qui les rend structurellement plus exposés aux impayés que la moyenne nationale :
Le retard moyen de paiement dans le BTP en 2025-2026 Le retard moyen de paiement dans le BTP a atteint un plus haut depuis la crise Covid en 2025, dépassant 14 jours de retard en moyenne (Altares, T4 2025). Pour les TPE et PME sous-traitantes, ce retard se traduit directement par une tension de trésorerie quotidienne qui peut devenir insoutenable. |
🏗️ Bâtiment & Travaux Publics |
Malgré des signaux positifs en fin d’année 2025, le secteur de la construction reste le premier contributeur aux défaillances en France :
Le BTP est un secteur particulièrement vulnérable aux impayés pour plusieurs raisons :
Retenue de garantie BTP : attention au piège La retenue de garantie de 5 % du montant TTC des travaux est légale et fréquente. Mais si le maître d’ouvrage ne la consigne pas sur un compte bancaire distinct (ce qu’il est souvent tenu de faire), vous êtes en droit d’en exiger le paiement immédiat. Vous pouvez également la remplacer par une caution bancaire de votre part si vous le souhaitez éviter la retenue. |
🍽️ CHR — Cafés, Hôtels, Restaurants |
Le secteur CHR cumule plusieurs fragilités qui en font un terrain difficile pour ses fournisseurs :
Risque impayé fournisseur CHR 2026 : le diagnostic DCN Les fournisseurs de CHR (produits alimentaires, boissons, entretien, fournitures diverses) sont particulièrement exposés car ils ont rarement de garanties contractuelles sur leurs livraisons. En cas de liquidation judiciaire d’un établissement, ils sont classés créanciers chirographaires — en queue de priorité — avec un taux de recouvrement souvent inférieur à 10 %. La prévention reste le seul levier efficace : vérification solvabilité, délais courts, relance immédiate. |
🏠 Immobilier |
Critère | 🏗️ Bâtiment / BTP | 🍽️ CHR (Restauration) | 🏠 Immobilier |
Défaillances 2025 | 25 % des procédures collectives françaises | Restauration +8 % T4 2025 (Altares) | Promotion immobilière +45 % T3 2025 |
Tendance 2026 | Amélioration prudente — -3,2 % sur 2025 | Persistance des difficultés structurelles | Reprise contrastée selon segments |
Retard moyen de paiement | Jusqu’à 120 jours (vs 30 jours légaux) | Paiements souvent à la carte ou différés | Promoteurs : 60-90 jours fréquents |
Risque effet domino | Très élevé (chaîne sous-traitants) | Modéré (circuits fournisseurs directs) | Élevé (promoteur-promoteur-fournisseur) |
Protection spécifique | Loi 1975 — caution, action directe | CGV + relance précoce | Sûretés réelles, réserve de propriété |
Le BTP bénéficie d’un arsenal législatif spécifique pour protéger les entreprises de la chaîne de sous-traitance. Ces textes sont souvent méconnus mais peuvent transformer radicalement vos chances de récupérer votre argent.
C’est le texte fondamental. Il impose à l’entrepreneur principal :
En cas de manquement, le sous-traitant peut invoquer la nullité du contrat — à tout moment, même après exécution des travaux et jusqu’à 5 ans après la conclusion du contrat. Cette nullité est d’ordre public : aucune clause ne peut y déroger.
L’action directe (art. 12 loi 1975) : le sous-traitant accepté et agréé peut, si l’entrepreneur principal fait défaut, se retourner directement contre le maître d’ouvrage pour obtenir paiement — dans la limite des sommes encore dues par le maître d’ouvrage à l’entrepreneur.
Pour tout marché privé de travaux supérieur à 12 000 € HT (montant actuellement fixé par décret), le maître d’ouvrage privé — à l’exception des particuliers construisant pour leur usage personnel — est tenu de fournir une garantie de paiement à l’entreprise de construction.
Si cette garantie n’est pas fournie, vous pouvez suspendre les travaux après une mise en demeure restée sans réponse dans un délai raisonnable. Ce droit de suspension est opposable au maître d’ouvrage et peut vous protéger d’un impayé important.
Les entrepreneurs, architectes, techniciens et sous-traitants agréés bénéficient d’une hypothèque légale sur l’immeuble objet des travaux (art. 2412 Code civil). Cette hypothèque doit être inscrite au Service de publicité foncière dans des délais stricts pour être opposable aux tiers.
Secteur | Action prioritaire pour sécuriser votre paiement |
🏗️ Fournisseur BTP (marché privé >12 000 € HT) | Exigez une GARANTIE DE PAIEMENT (art. 1799-1 C. civil) : cautionnement solidaire bancaire ou délégation de paiement maître d’ouvrage. Sans elle, vous pouvez suspendre les travaux. |
🏗️ Sous-traitant BTP | Faites-vous accepter ET agréer par le maître d’ouvrage (loi 1975). Sans agrément, pas d’action directe. Exigez la caution bancaire de l’entreprise principale (art. 14 loi 1975). |
🏗️ Prestataire sur chantier public | Délai légal 30 jours collectivités. En cas de retard : intérêts moratoires automatiques (taux BCE + 8 pts) + indemnité 40 €. Recours : mandatement d’office ou référé-provision. |
🍽️ Fournisseur de CHR | Délais courts contractuels (max 30 jours), facturation hebdomadaire recommandée. Relance dès J+1. Vérifiez solvabilité sur Infogreffe avant tout encours > 2 000 €. |
🍽️ Bailleur commercial (fond de commerce CHR) | Clause de solidarité du cédant, dépôt de garantie maximal, révision régulière du loyer. Agissez dès le 1er mois impayé — procédure d’expulsion commerciale longue. |
🏠 Prestataire d’agence immobilière | Facturez dès réception des travaux ou signature. Délai 30 jours standard. Réserve de propriété sur équipements fournis. |
🏠 Fournisseur de promoteur immobilier | Sûreté réelle sur l’immeuble (hypothèque légale des constructeurs, art. 2412 C. civil). Réserve de propriété sur matériaux. Vérification solvabilité promoteur avant tout chantier. |
Trois leviers cumulables : (1) exigez la garantie de paiement art. 1799-1 pour tout marché > 12 000 € HT, (2) en tant que sous-traitant, faites-vous accepter et agréer par le maître d’ouvrage pour bénéficier de l’action directe, (3) prévoir des jalons de paiement intermédiaires liés à l’avancement plutôt qu’un paiement global en fin de chantier. Ajoutez systématiquement une clause de réserve de propriété sur vos matériaux dans vos CGV.
La prévention prime : (1) vérifiez la solvabilité sur Infogreffe avant tout encours significatif, (2) imposez des délais courts (30 jours maximum) et une facturation fréquente, (3) relancez dès J+1 de retard sans attendre, (4) plafonnez l’encours par client CHR à un niveau que vous pouvez absorber en cas de défaillance. Si le client tarde, déléguez rapidement à DCN Recouvrement pour une intervention amiable professionnelle.
Le délai légal de 30 jours après réception des travaux s’applique dans le BTP, porté à 60 jours maximum dans les marchés privés si expressément stipulé dans le contrat. Pour les marchés publics, le délai est strictement de 30 jours pour les collectivités territoriales (avec intérêts moratoires automatiques en cas de dépassement). En pratique, les retards réels dans le secteur dépassent souvent ces seuils — d’où l’importance d’une relance dès le premier jour de retard.
Si la fermeture est définitive et accompagnée d’une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire), il faut déclarer votre créance au mandataire judiciaire ou au liquidateur dans les 2 mois suivant la publication du jugement d’ouverture au BODACC. Si vous aviez stipulé une clause de réserve de propriété sur les marchandises, exercez votre action en revendication dans les 3 mois. Vos chances de récupération sont limitées (créancier chirographaire), mais la déclaration est indispensable pour obtenir un certificat d’irrécouvrabilité utilisable fiscalement.
Non. L’absence de commercialisation d’un programme ne constitue pas un motif légal de ne pas payer ses fournisseurs et prestataires. Dès que votre facture est échue, vous êtes en droit d’en exiger le règlement et de réclamer les pénalités de retard (12,15 % par an au S1 2026) et l’indemnité forfaitaire de 40 €. Si le promoteur ne paie pas, une injonction de payer ou une saisie conservatoire sur l’immeuble sont des recours efficaces — à condition d’agir rapidement avant une éventuelle procédure collective.
En 2026, travailler avec des clients dans le BTP, la restauration ou l’immobilier nécessite une vigilance accrue. Ces trois secteurs cumulent marges faibles, cycles longs, effets domino redoutables et taux de défaillances parmi les plus élevés de l’économie française. La clé réside dans l’anticipation : vérification de solvabilité, contrats sécurisés, facturation régulière, relance immédiate — et si nécessaire, intervention rapide d’une agence de recouvrement spécialisée.
DCN Recouvrement accompagne quotidiennement des fournisseurs et sous-traitants de ces secteurs dans la sécurisation et le recouvrement de leurs créances. Notre expertise sectorielle nous permet d’adapter la stratégie à chaque situation.
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